AFFAIRE MICHEL FOURNIRET

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 Le maniaco-pédophile...


 
De gauche à droite 
Natacha Danais 13 ans, violée et assassinée. 
Isabelle Laville 17 ans, violée, étranglée.

 Elisabeth Brichet 12 ans, violée, étranglée.  Mananya Thumpong 13 ans, violée et assassinée, Fabienne Leroy et Céline Saison 

4 avril 1942, naissance de Michel Fourniret à Sedan. Dès 1966 à Nantes (ouest) puis en 1973 à Verdun (est), Michel Fourniret est condamné pour des faits de voyeurisme et de violence. 

Le 26 juin 1987, la cour d’assises de l’Essonne, en banlieue parisienne, le reconnaît coupable de viols sur mineurs de moins de 15 ans, menaces, violences avec armes et attentats à la pudeur. Il écope pour ces faits de sept ans d’emprisonnement dont 2 avec sursis et 3 de mise à l’épreuve. Mais la longue durée de sa détention préventive (depuis mars 1984) lui permet de sortir de cellule en octobre, quatre mois après.



 De la fin des années 80 jusqu’à son arrestation en juin 2003, après le rapt avorté d’une jeune fille de 13 ans d’origine congolaise à Ciney (sud de la Belgique), l’homme n’a jamais cessé de "chasser" les adolescentes, "jolies et si possible vierges", affirment aujourd’hui les enquêteurs belges.



4 août 1988 : mort par balles de Fabienne Leroy (une vingtaine d’années) près de Mourmelon. Elle a été violée.

18 mars 1989 : disparition de la française Jeanne-Marie Desramault, âgée de 22 ans. Elle est emmenée au château du Sautou puis violée et étranglée le jour même. Trois jours plus tard, Fourniret enterre sa victime dans le domaine.



Sautou

Alors qu’il est domicilié en France, Michel Fourniret enlève le 20 décembre 1989 près de Namur la petite Elisabeth Brichet (12 ans), mais c’est dans la région de Sedan qu’il violera, étranglera et enterrera la jeune fille, selon ses aveux.*1989 : Michel Fourniret épouse Monique Olivier. *En 1988, Michel Fourniret achète le domaine du Sautou (600 hectares). Il le revend en 1991.*11 décembre 1987 : disparition d’Isabelle Laville (17 ans) à Auxerre. Elle est violée. Fourniret l’aurait étranglée puis jeté son corps dans un puits.

Michel Fourniret

21 novembre 1990 : enlèvement de Natacha Danais (13ans) à Rezé. Elle est violée puis tuée. Son corps est retrouvé sur la plage de Brem-sur-Mer, en Vendée.En 1992, le forestier s’installe à Sart-Custinne, un village des Ardennes belges à une dizaine de kilomètres de la frontière française. Il y vit en toute discrétion avec sa femme Monique Olivier, âgée aujourd’hui de 55 ans, et leur fils (17 ans).



Sart-Custinne

Selon les aveux de Monique Olivier, en août 1993, Michel Fourniret aurait enlevé et tué une jeune fille au pair âgée de 16 ans. Il enterre son corps près du domicile familial de Sart-Custinne.



Isabelle Laville

12 février 2000 : tentative d’enlèvement à la gare de Gedinne d’une adolescente de 14 ans

Monique Olivier, la femme de Michel Fourniret, impute à celui-ci les enlèvements du 16 mai 2000 et du 5 mai 2001 à Charleville-Mézières et à Sedan des jeunes Françaises Céline Saison (18 ans) et Manyana Thumpong (13 ans), dont les corps ont été retrouvés dans les bois de Sugny et Nollevaux, du côté belge de la frontière.

Monique Olivier

19 avril 2001 : tentative d’enlèvement d’une jeune femme de 20 ans, à Han-sur-Lesse. 
Août 2002 : tentative d’enlèvement d’une fille de 9 ans dans la région de Chiny.

En janvier 2003, Fourniret et sa femme sont engagés comme surveillants à la cantine de l’école communale du village voisin.

 
26 juin 2003 : Tentative d’enlèvement de Marie-Ascension, une fillette de 13 ans, à Ciney. La jeune fille parvient à se défaire de ses liens, prend la fuite et est recueillie par une automobiliste. En chemin, la victime et sa salvatrice croisent la camionnette du kidnappeur, relèvent son numéro de plaque et avertissent la police.



Dahina Le Guennan. Violée à 14 ans puis relachée.
 
Juillet 2003 : le SRPJ (Service régional de police judiciaire) de Versailles s’intéresse à Fourniret dans le cadre de l’enquête sur la disparition d’Estelle Mouzin, une fillette de 9 ans, à Guermantes (Seine-et-Marne) le 9 janvier 2003. Fourniret possède de la famille dans les environs. Des policiers français enquêtent aussi sur les disparitions de Céline Saison (18 ans) et Mananya Thumpong (13 ans), dont les corps ont été retrouvés en Belgique, dans deux bois non loin de la frontière française. 



15 septembre 2003 : Fourniret est inculpé de tentative d’enlèvement d’une adolescente de 14 ans en février 2000 à la gare de Gedinne. Il nie la tentative d’enlèvement, mais reconnaît avoir abordé la jeune fille..
 

30 juin 2004 : Michel Fourniret avoue six assassinats : Isabelle Laville, 17 ans, disparue le 11 décembre 1987 à Auxerre ; Fabienne Leroy, d’une vingtaine d’années, disparue en août 1988 près de Mourmelon ; Jeanne-Marie Desramault, 22 ans, disparue en juin 1989 à Charleville-Mézières ; Elisabeth Brichet, 12 ans, disparue à Saint-Servais (Namur) le 20 décembre 1989 ; Natacha Danais, 13 ans, disparue vers le 20 novembre 1990 à Rezé, au sud de Nantes et dont le corps a été retrouvé poignardé sur une plage de Vendée le 24 novembre 1990 ; Farida Hamiche, compagne de Jean-Pierre Hellegouarche, ancien co-détenu de Fourniret. Fourniret dit l’avoir tuée en 1990 pour une question d’argent et l’avoir enterrée près de Rambouillet.

   Reconstitution d’un crime

1er juillet 2004 : Fourniret avoue 3 nouveaux assassinats : Céline Saison, 18 ans, disparue le 16 mai 2000 à Charleville-Mézières et dont le corps a été découvert le 22 juillet de la même année dans un bois à Sugny (Belgique) ; Mananya Thumpong, 13 ans, disparue le 5 mai 2001 à Sedan et dont le corps a été retrouvé dans un bois de Nollevaux (Belgique), le 1er mars 2002 ; un représentant de commerce tué sur une aire d’autoroute en Bourgogne en 1998 par besoin d’argent, ce qui porte à neuf le nombre de ses assassinats avoués

Il est inculpé de l’assassinat de la jeune fille au pair, en 1993 à Sart-Custinne, dont son épouse l’accuse, mais qu’il nie. Selon Monique Olivier, cette jeune fille est enterrée près du domicile des Fourniret à Sart-Custinne.



12 juillet 2004 : Michel Fourniret et Monique Olivier sont tous deux inculpés de l’assassinat et du viol d’Elisabeth Brichet par la justice namuroise, après la dénonciation des faits à la justice belge par la justice française. 

 4 février 2005 : Le juge d’instruction dinantais, Bernard Claude, a procédé, à la demande des autorités judiciaires françaises, à dix mises en examen des époux Fourniret dans le cadre des six faits criminels perpétrés en France.

16 février 2005 : Monique Olivier accuse son mari, de deux nouveaux meurtres. Les faits se seraient produits en France, dans la région d’Auxerre entre ’88 et ’90... Des faits qu’on avait d’abord imputés à un autre tueur en série, Émile Louis. 3 juillet 2004 : emmené au château de Sautou, Fourniret désigne aux enquêteurs deux endroits où seront découverts, vers 18 heures, le corps de Jeanne-Marie Desramault puis, un peu plus tard, celui d’Elisabeth Brichet. Les deux corps seront autopsiés à l’institut médico-légal de Bordeaux.



Jeanne-Marie Desramault
 
Michel Fourniret aurait assisté au procès de Christian Ranucci, en mars 1976, selon le quotidien régional La Provence qui affirme détenir des photos d'archives de l'ouverture du procès à Aix-en-Provence sur lesquels figure le tueur en série présumé.

 

               Le corps d'Isabelle Laville retrouvé dans un puit

 

Les ossements de la jeune fille de 17 ans enlevée en décembre 1987 sur le chemin du collège, entre Auxerre et Saint Georges sur Baulches, ont été découverts le 11 juillet 2006 dans un puits à Boussy en Orthe (Yonne). Son père Jean-Pierre Laville, profondément ému, a reconnu ses chaussures. C'est après un face-à-face avec le père de la victime, lors de la reconstitution du meurtre en avril dernier que Fourniret s'est décidé à donner les indications nécessaires pour retrouver les restes macabres. Isabelle était la seule victime connue de Fourniret dont le corps n'avait pas été retrouvé. Elle va pouvoir enfin être inhumée dans une sépulture décente. 

 

-         Au procès de Christian Ranucci –

Selon le quotidien marseillais, les enquêteurs belges auraient identifié Fourniret "à 95%" et le parquet de Dinant aurait transmis "une dénonciation officielle aux autorités des éléments dont ils disposent à fin de vérification" au parquet de Charleville-Mezières qui instruit désormais la partie française des faits reprochés au tueur en série présumé.
Sources : R.T.B.

- haut de page -


Reconstitution de l'enlèvement et du meurtre de Natacha Danaïs...

***********

Le tueur en série Michel Fourniret fait rebondir lui-même son dossier. Dans une lettre envoyée à la chambre d'instruction en juin dernier, il demande un tête-à-tête avec les familles de trois filles disparues. Déjà accusé de sept meurtres, il relance ainsi les soupçons à son égard dans l'enlèvement d'Estelle Mouzin en 2003. La justice examine la requête jeudi.

A quoi joue Fourniret? Le tueur en série a demandé à rencontrer les parents d'Estelle Mouzin, la fille disparue en 2003 à Guermantes, en Seine-et-Marne. Dans une lettre adressée à la chambre d'instruction, le 18 juin dernier, l'assassin ne se dit ni innocent, ni coupable, Il réclame seulement "un tête-à-tête direct" avec la famille.

Michel Fourniret a été renvoyé avec son épouse devant la cour d'assises de Charleville-Mézières en mars 2008 pour le meurtre de sept femmes. Depuis 2003, les enquêteurs étudient sa piste dans la disparation d'Estelle Mouzin. L'hypothèse n'a jamais abouti. Le tueur ravive ainsi lui-même les soupçons. Il évoque également deux jeunes femmes disparues dans l'Yonne, Joanna Parish, morte en 1990 et Marie-Angèle Domece, qui n'est pas réapparue depuis 1988.



Joanna Parish

Il a écrit à Dieu

Ce nouveau coup de théâtre suscite la prudence. "Soit c'est une manipulation du tueur qui joue avec les parents des victimes, soit c'est une forme d'aveu. En tous les cas, cette lettre est un coup de tonnerre", a estimé l'avocat de Michel Fourniret. Le tueur est un habitué de ce genre d'éclat, n'hésitant pas à écrire à ses victimes pour implorer le pardon. Il a aussi adressé une missive à Dieu.



"Le risque de ma fin prématurée, ou de celle de mes facultés mentales, n'autorise pas de laisser sur le bord de la route les trois affaires dont je sollicite la jonction", menace Michel Fourniret dans sa lettre. Le tueur dit vouloir faire éclater la vérité, et "fixer au plus tôt les familles en attente de réponses". L'avocat de la famille Mouzin demande que le meurtrier soit entendu. La chambre d'instruction de la cour d'appel de Reims doit se prononcer jeudi sur la requête de Fourniret. Toutefois, le parquet général la considère comme irrecevable.



Fourniret et Olivier entendus le 11 mars...

Les deux protagonistes doivent être interrogés le 11 mars à Charleville-Mézières dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Johanna Parrish et la disparition de Marie-Angèle Domèce, a-t-on appris de source judiciaire.

Fourniret, qui sera jugé à partir du 27 mars par la cour d'assises des Ardennes pour sept homicides et autant de viols ou tentatives entre 1987 et 2003, sera entendu avec Mme Olivier le 11 mars dans deux autres dossiers encore instruits à Charleville et dans lesquels il est soupçonné: la disparition le 8 juillet 1988 dans l'Yonne de Marie-Angèle Domèce, une handicapée de 19 ans, et le meurtre de Johanna Parrish, une Britannique de 20 ans, en mai 1990 dans ce département.

"Le juge d'instruction a indiqué qu'il souhaitait entendre Michel Fourniret et Monique Olivier dans le cadre de ces deux affaires", a déclaré à l'AFP le procureur général près la cour d'appel de Reims, Eric Enquebecq. L'audition aura lieu le mardi 11 mars, selon la même source.

"Il sont soupçonnés, il faut donc les entendre officiellement dans le cadre de l'instruction" a-t-il ajouté en précisant que ces deux dossiers "étaient totalement distincts (...) de la grosse procédure criminelle qui va être jugée en mars".

La justice avait rejeté la requête de Fourniret qui avait demandé en juin la jonction de ces deux affaires et aussi celle de la disparition en 2003 d'Estelle Mouzin, 9 ans, en 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne), aux dossiers pour lesquels il sera jugé en mars à Charleville-Mézières.

Le tueur en série présumé, âgé de 65 ans, est actuellement détenu à Châlons-en-Champagne (Marne) et son épouse et complice présumée Monique Olivier, 59 ans, est en détention à Valenciennes (Nord).

Les victimes en un clin d'oeil...

Isabelle Laville, 17 ans: elle est enlevée le 11 décembre 1987 alors qu’elle parcourt à pied les deux kilomètres qui séparent son collège, à Auxerre, de son domicile. C’est Monique Olivier qui l’accoste en voiture, prétextant s’être perdue. L’adolescente monte dans le véhicule. Elles sont rejointes par Michel Fourniret, faux autostoppeur arrêté un peu plus loin, et filent vers le domicile des époux. Fourniret nie le viol, contrairement aux accusations d’Olivier, mais reconnaît avoir étranglé Isabelle à mains nues. Des restes de son corps et des affaires personnelles seront retrouvée 20 ans après sa mort, au fond d’un puit.

Fabienne Leroy, 20 ans: elle croise la route de Michel Fourniret et de Monique Olivier, enceinte de huit mois, sur le parking d’un supermarché de Saint-Hilaire-le-Grand, le 4 août 1988. Le mode opératoire est le même: les époux demandent leur chemin, cette fois pour trouver un médecin. La jeune fille ne se méfie pas et monte avec eux. Fourniret conduit sa victime et sa complice dans un pré. Jetée à terre et dénudée, la virginité de la jeune fille est examinée par Monique Olivier avant que Michel Fourniret ne la viole et la tue d’un coup de fusil. Son corps est abandonné sur place, contrairement à ceux des autres victimes des Fourniret, toujours dissimulés.

Jeanne-Marie Desramault, 21 ans: étudiante au monastère Notre-Dame de Montcy-Saint-Pierre, près de Charleville-Mézières, Jeanne-Marie est approchée par Michel Fourniret une première fois dans le train Lille-Charleville, début janvier 1989. Quelque temps plus tard, elle accompagne Fourniret et Monique Olivier au restaurant, en Belgique. Le samedi 18 mars au matin, le tueur en série présumé va chercher Jeanne-Marie. Il propose de la conduire chez ses parents avec Monique Olivier, après un bref arrêt à leur domicile, à Floing.

Il s’attaque à elle après lui avoir demandé si elle est vierge. La jeune fille hurle et se débat. Il demande à Monique Olivier de la bâillonner pour étouffer ses cris. Une aide qu’elle reconnaîtra à demi-mots et qui lui vaut aujourd’hui de comparaître comme co-auteur du meurtre de Jeanne-Marie, alors qu’elle n’est «que» complice pour les autres.

Elisabeth Brichet, 12 ans: le 20 décembre 1989, le couple, de retour de Bruxelles, aperçoit la jeune fille qui rentre chez elle, vers 18h30. Michel Fourniret prétexte chercher un médecin pour leur fils, Sélim. La jeune fille accepte de monter. Elle sera enterrée dans la nuit non loin de la dépouille de Jeanne-Marie.

Natacha Danais, 13 ans: chargée d’aller chercher le portefeuille que sa mère a oublié pour faire les courses, Natacha retourne au domicile familial, à une centaine de mètres du supermarché où sa mère et ses sœurs commencent leurs achats. Une heure plus tard, la jeune fille n’est toujours pas revenue. La famille donne l’alerte. Nous sommes le 21 novembre 1990, à Rezé, près de Nantes. La veille, Michel Fourniret et Monique Olivier ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Nantes pour la destruction des tableaux de l’ancien mari de cette dernière. Le corps de Natacha est découvert sur la commune de Bretignolles (Vendée), le lendemain.

Céline Saison, 18 ans: Disparue le 16 mai 2000, à Charleville-Mézières, après avoir passé une épreuve du Bac, elle est retrouvée morte dans la forêt de Sugny, en Belgique, le 22 juillet suivant.

Mananya Thumpong, 13 ans: elle est enlevée le 5 mai 2001, à Sedan, alors qu'elle revenait de la médiathèque. Ses ossements ont été retrouvés en Belgique, dans le bois de Nollevaux, à une trentaine de kilomètres de la ville. Un bout de cheveu noir lui appartenant sera retrouvé dans la camionnette de Michel Fourniret.

Marie-Ascencion, 13 ans:
la fillette est enlevée par Michel Fourniret le 26 juillet 2003 alors qu’elle remonte une rue déserte de Ciney, petite ville belge toute proche de la frontière avec la France. Nous sommes en pleine affaire Dutroux. A Marie-Ascencion qui lui demande s’il travaille pour le pédophile belge, Michel Fourniret répond: «C’est pire…»*. Elle parvient à s’échapper en route, arrête une voiture qui la conduit au commissariat le plus proche. Son témoignage fera tomber Michel Fourniret et mettra fin à la série, au nombre incertain, de meurtres qu’il a commis.




Jean-Pierre Laville père d'Isabelle


Le procès

27 mars 2008 : Cour d'assise des Ardennes



Michel Fourniret, arguant de l'absence de huis clos, a refusé jeudi de s'exprimer à l'ouverture de son procès devant le cour d'assises des Ardennes à Charleville-Mézières, ne prenant la parole que pour remettre "un exposé" au président de la cour. Le tueur en série présumé, 65 ans, cheveux et barbe grisonnants, vêtu d'un pull bleu, a d'abord refusé de répondre aux questions du président de la cour Gilles Latapie, qui l'interrogeait sur son identité, en début d'audience vers 11H00.

A chaque question, Michel Fourniret, a répondu en brandissant une feuille de de papier blanche format A4, sur laquelle était écrit à l'ordinateur: "Sans huis clos, bouche cousue". Puis, montrant au président un rouleau de papier entouré d'un ruban, l'accusé a finalement pris la parole et déclaré à l'adresse de M. Latapie: "Je vais donc prendre la parole. Il s'agit d'un exposé que j'avais l'intention de lire. En l'absence de huis clos, je vous demande de bien vouloir lire cet exposé". "C'est très joliment fait. J'en prendrai connaissance et le document sera versé au débat", lui a répondu le président. M. Latapie a ensuite interrogé Monique Olivier, cheveux blanc coupés courts, qui, elle, a répondu aux questions sur son identité et celle de ses avocats.

Michel Fourniret doit répondre, lors de ce procès prévu jusqu'à fin mai, de cinq meurtres (1987-90) et deux assassinats (2000-01) de jeunes femmes ou adolescentes, commis en France et en Belgique, des crimes qu'il a reconnus. Son épouse Monique Olivier, 59 ans, est accusée aussi d'un des meurtres et de complicité dans plusieurs autres dossiers. Tous deux encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès, qui s'est ouvert vers 10H30, doit durer jusqu'à fin mai. Contrairement à Monique Olivier, Michel Fourniret a refusé d'être filmé et photographié à l'ouverture de l'audience.

Outre les sept homicides (Isabelle Laville, Fabienne Leroy, Jeanne-Marie Desramault, Elisabeth Brichet, Natacha Danais, Céline Saison et Mananya Thumpong), Michel Fourniret est jugé pour une tentative de viol, un enlèvement manqué et l'agression sexuelle de Marie (ex Marie-Ascension, prénom modifié une seconde fois à la demande de la famille qui avait initialement demandé de l'appeler Asumpcion). Lors de cette dernière agression près de Namur (Belgique) en juin 2003, Marie, adolescente de 13 ans, était parvenue à s'enfuir et le relevé d'un numéro d'immatriculation avait permis à la police belge d'arrêter Fourniret. L'un des enjeux principaux du procès sera de tenter d'éclaircir les motivations de Monique Olivier, la complicité présumée d'une femme dans des crimes sexuels constituant un cas rare dans les annales judiciaires.

Pendant toute cette première journée du procès, les Fourniret ne se sont pas jeté un seul regard...



Gilles Latapie, Président de la cour d'assise.

31 mars

Au premier jour, Michel Fourniret s'est tu. Au deuxième, il est sorti de son silence, un peu embarrassé, pour poser deux conditions à sa participation active aux débats : la dissipation des erreurs dont est truffée, selon lui, l'ordonnace de mise en accusation et la tenue des audiences à huis clos. A la reprise de son procès ce matin , nul ne sait quelle posture adoptera ce fantasque accusé. Vendredi soir, il a consenti à réfléchir à la ferme exhortation du président Gilles Latapie à répondre en public de ses crimes, dont l'examen débute aujourd'hui par l'enlèvement de Marie, une jeune belge de 13 ans, en juin 2003. Elle est la dernière victime de Fourniret. 

 

Philippe Jamelin et Pierre Blocquaux, avocats commis d'office de Fourniret.

Celle qui a conduit à sa perte en parvenant à échapper à une mort certaine. Le témoignage de cette miraculée sera l'occasion de jauger la crédibilité du tueur en série présumé quand il promet son entière collaboration des lors qu'il n'aura pas à "s'exhiber devant une assistance composée de X fois plus de curieux et de désoeuvrés de toute qualité que de personnes concernées". Les avocats de Marie devraient en effet demander son audition à huis clos afin de la préserver du tourbillon médiatique. Ils n'envisagent pas, pour autant, de priver le public et les médias du reste des deux jours de débats consacrés à cette affaire. "On n'a pas envie de faire le jeu de M. Fourniret" assure Maître Isabelle de Moffarts.
Les parties civiles, qui attendent de l'accusé qu'il "participe aux débats sans huis clos", refusent le chantage de cet odieux personnage qui voudrait les encourager au secret en échange de sa coopération. Eprouvées par des années de souffrrance, elles se plieront d'autant moins aux exigences infondées de ce manipulateur hors pair que sa parole ne vaut rien. 



Jacques Deslandes avocat de Monique Olivier

Les mots de Marie, authentiques et sincères, ceux-là, vont plonger la cour dans la réalité froide des crimes de Fourniret. Elle n'a que 13 ans quand un automobiliste l'aborde l'après-midi du 26 juin 2003, le long d'une rue déserte de Ciney (Belgique). Il cherche à tout prix à la faire monter dans sa camionnette Citroën pour qu'lle lui indique le chemin d'une propriété. Devant le refus de Marie, cet inconnu aux yeux bleu métal se montre agressif, arguant qu'il la suivrait et saurait ainsi où elle habite...L'adolescente finit par grimper sur le siège arrière, désormais prisonnière d'un homme qui lui assure être pire que Dutroux.
Ligotée, menacée, victime d'attouchements sur la poitrine mais pleine de courage et de détermination, elle réussit à se défaire de ses liens et à sauter du véhicule lors d'un arrêt à un stop. Recueillie par une automobiliste, elle file au commissariat. En chemin, elle reconnaît la camionnette de son ravisseur en sens inverse. La plaque d'immatriculation conduit les enquêteurs à une certaine Monique Olivier, dont le mari, Michel Fourniret, est interpellé de retour à son domicile...



La camionnette de Fourniret.

Le Parisien Libéré

2 avril

Monique Olivier, a déclaré mardi pour la première fois qu'elle "regrettait" sa participation à certains des crimes reprochés à son mari, sans parvenir à expliquer sa passivité.Au quatrième jour du procès, Monique Olivier a été sous le feu des questions concernant son attitude face à des projets criminels que Michel Fourniret lui exposait dès 1987, dans des lettres écrites pendant une période d'incarcération en région parisienne pour des agressions sexuelles.Interrogée alors qu'une policière belge ayant analysé cette correspondance témoignait à la barre, l'épouse de Michel Fourniret a lâché d'une voix à peine audible: "avec le recul je regrette tout ce qui a été fait, c'est vraiment affreux".

"A ce moment-là vous l'aimiez Michel Fourniret?", a interrogé le président. "Non, mais j'étais tellement seule qu'il fallait que je m'imagine" éprouver cet amour, a répondu Monique Olivier.Elle a expliqué ensuite que, si elle avait accepté à l'époque le pacte proposé par Fourniret dans ces lettres (elle l'aide à trouver de jeune vierges en échange de son engagement à tuer un ex-mari, selon elle possessif et jaloux), c'était pour "récupérer ses enfants" nés de cette union passée.

Dans ses écrits Michel Fourniret parle de son obsession de la virginité, qu'il n'aurait jamais connue chez ses deux premières épouses, du fait d'"aller draguer avec un pistolet" pour "posséder sa membrane".Il sort de prison en octobre 1987, s'installe dans l'Yonne. Deux mois plus tard, Isabelle Laville une jeune fille de 17 ans y est tuée.Me Alain Behr, avocat de la famille Laville, voit dans ce crime - le premier des sept meurtres que la justice reproche à Fourniret à ce procès - "l'acte rituel du pacte satanique" conclu entre les époux. Il s'adresse d'un ton très ferme à Monique Olivier: "Qu'en pensez-vous?".

"Pas de réponse", bredouille-t-elle



Maman d'Elisabeth Brichet

L'Express

Le tueur en série présumé Michel Fourniret a refusé de dire s'il confirmait ou non ses aveux concernant le premier meurtre qui lui est reproché, mais son épouse Monique Olivier a reconnu sa participation à son enlèvement en 1987 près d'Auxerre.Au cinquième jour du procès, prié par le président de préciser sa position sur l'enlèvement et le meurtre d'Isabelle Laville, 17 ans, l'accusé a répondu : "Eh bien, M. le président, vous répondre signifierait que je conçois ma présence ici comme quelqu'un qui accepte de répondre à moitié, ce qui n'est pas le cas". Il refuse de parler depuis le début de l'audience en prétextant le refus du huis clos qu'il souhaite. Son épouse Monique Olivier, accusée d'enlèvement et de complicité de viol, a déclaré de son côté : "Je reconnais les faits, je regrette beaucoup". Le 11 décembre 1987, selon ses déclarations antérieures, elle a persuadé la collégienne, que son mari convoitait, de monter à bord de son véhicule. Plus loin, Michel Fourniret attendait sur le bord de la route, et son épouse l'a fait monter à son tour, feignant de lui porter secours en raison d'une panne.

La jeune fille a ensuite été violée puis étranglée par Michel Fourniret, selon les déclarations de ce dernier à l'instruction. Son corps n'a été retrouvé qu'en 2006, au fond d'un puits de la région d'Auxerre, sur les indications de l'accusé, arrêté en juin 2003. Des enquêtes administratives au tribunal d'Auxerre avaient auparavant révélé en 2002 que l'enquête de gendarmerie menée sur la disparition d'Isabelle Laville, infructueuse mais qui privilégiait l'hypothèse de l'enlèvement, avait été classée sans suite par le parquet, en janvier, puis en juillet 1988. Aucune enquête n'a donc été menée pendant quinze ans sur la disparition. Interrogé par des inspecteurs du ministère, les deux magistrats du parquet d'Auxerre de l'époque, André Ride et Frédéric Clot, n'ont pu fournir véritablement d'explication. Le premier est aujourd'hui patron de l'Inspection générale des services judiciaires, le second est en poste au parquet de Bordeaux. Ils n'ont pas été convoqués comme témoins au procès.

Nouvel Obs



Monsieur Laville

Semaine du 7 avril 2008

Monique Olivier portait la vie quand elle a "sacrifié" celle de Fabienne Leroy. "Vous étiez enceinte de 8 mois, votre enfant bougeait en vous...J'ai honte pour vous". Colette Leroy en a dit assez à cette femme "indigne d'être mère", impassible dans le box des accusés. Le 23 avril 1968, elle avait donné naissance à deux filles, en Côte d'Ivoire. "Là-bas les jumelles ont dit que ça porte bonheur. Tout le monde venait les voir, les toucher, les caresser...". Soutenue par son mari Jean-Pierre, elle parle d'une voix douce de cette enfant assassinée par le couple Fourniret. Les photos de Fabienne, sourire aux lèvres, défilent sur écran géant. Sur la dernière, elle porte une fleur de bougainvilliers dans les cheveux. "Tous les jours on la regarde, elle nous regarde, mais elle ne nous parle plus." , ajoute Jean-Pierre Leroy. Ses mots, sortis de son coeur, font chavirer la cour. "M. Fourniret", lui, en est dépourvu. "Le coeur, pour lui, c'est une cible qu'il faut atteindre, un organe qu'il faut arrêter".



Fabienne Leroy

Il a déchiqueté celui de Fabienne Leroy d'un coup de fusil, le 3 août 1988 au bord d'un chemin de terre du camp militaire de Mourmelon, à 25 km de Châlons-en-Champagne, où il l'avait enlevée. Il "reconnaît les faits" et daigne dire aujourd'hui à Mme Leroy qu' "on ne demande pas pardon pour ce qui est impardonnable". Monique Olivier, elle, a "honte". "Effectivement, j'étais enceinte de Selim et je ne m'attendais pas à ce qu'il fasse ça à ce moment-là...Je n'étais pas d'accord...J'ai pas cherché à comprendre...J'ai agi comme il m'a demandé de faire...J'avais peur...Je regrette vraiment...". Elle ânonne les rares souvenirs qu'elle dit avoir gardés du viol et de l'exécution de Fabienne Leroy. Tout juste reconnaît-elle avoir mis en joue leur jeune victime pour permettre à Fourniret de la ligoter. "Vous savez pourtant que, lorsque Fabienne est montée dans la voiture, son sort était scellé..." insiste le président Gilles Latapie. Les silences succèdent aux silences. 

Engluée dans une position intenable, Monique Olivier résiste au feu des questions des avocats des parties civiles, emmenés par l'habile Maître Gérard Chemla : "Il y a la même détermination des deux côtés du box, chacun dans votre rôle, vous êtes les mêmes... Allez, il n'y en a qu'une qui a quelque chose à perdre aujourd'hui...". Mais Monique Olivier ne lâche rien. "Vous avez une bonne mémoire quand il s'agit de dire ce que nous n'avez pas fait", attaque à son tour l'avocat général. Agacée, elle finit par couper court à ces interrogatoires : "Je suis en prison, je mérite, j'ai plus rien à cacher, j'ai dit ce dont je me souviens".
La mémoire de Michel Fourniret est intacte, mais il ne tient toujours pas à en faire bénéficier ses juges, bien que multipliant les entorses au silence qu'il s'est imposé. "Je continue à considérer Monique Olivier comme une pauvre paumée, une souris effarouchée d'un rien qui raconterait n'importe quoi pour sortir de la nasse, lance-t-il soudain. Monique n'a pas une once de méchanceté". Elle sait en tout cas mentir...!

09 avril

Michel Fourniret est à nouveau sorti de son silence mercredi devant les assises des Ardennes. Le tueur en en série présumé à avoué avoir tué en 1989 Jeanne-Marie Desramault, une jeune fille de 21 ans, dans le troisième des sept dossiers dont il répond. A la neuvième audience du procès, après la lecture des charges d'enlèvement, séquestration, tentative de viol et meurtre concernant cette affaire, l'accusé, prié de préciser sa position, a dit : "
Vous venez de lire les faits qui me sont reprochés. Je reconnais ces faits".
 
Il refusait jusqu'ici de parler, en prétextant le refus du huis clos qu'il souhaite. Son épouse
Monique Olivier
a fait la même déclaration, mais son avocat a aussitôt précisé qu'elle niait la co-action dans le meurtre qui est retenue par l'accusation. C'est le seul des sept dossiers où les deux époux sont accusés d'avoir tué ensemble. Jeanne-Marie Desramault, étudiante à Charleville-Mézières qui prenait le train tous les samedis pour rentrer chez ses parents à Béthune, avait rencontré fortuitement le couple Fourniret lors d'un de ces voyages, selon des déclarations antérieures des accusés à l'instruction.
 
"Justice pour Jeanne-Marie"
 
La jeune fille logeait dans une institution religieuse et se montrait très croyante. Le couple a fait mine de partager sa ferveur religieuse, l'invitant au restaurant pour la mettre en confiance avant de la convier à passer un week-end à son domicile. Plus tard, le 18 mars 1989,
Michel Fourniret
a provoqué une rencontre à la gare de Charleville et a persuadé Jeanne-Marie de venir chez lui, où il l'a tuée. Il a enterré son corps dans sa propriété de Sautou où il n'a été retrouvé qu'en 2004, après l'arrestation de Fourniret en 2003.
   
Les proches de la victime ont raconté que ses parents, dont c'était le seul enfant, avaient embauché un détective privé et multiplié les démarches en France et à l'étranger pendant des années, conservant l'espoir de voir revenir leur fille. Sa mère est morte quatre ans après sa disparition. Son père, un octogénaire, est venu en fauteuil roulant à la cour d'assises, soutenu par deux religieuses et les autres familles de victimes, qui lui ont offert des roses blanches avant l'audience. Avant de fondre en larmes, il n'a pu que dire ces mots : "Je demande justice pour Jeanne-Marie". 

10 avril

Monique Olivier, épouse et complice présumée de Michel Fourniret, jugé devant la cour d'assises des Ardennes pour sept homicides aggravés, a déclaré jeudi qu'elle "aimerait bien" que son mari parle pour que les faits soient plus "clairs". "J'aimerais bien qu'il parle. Ca serait plus clair. Pour les familles, ça serait plus humain", a répondu Monique Olivier à Me Didier Seban, un avocat des parties civiles, qui l'interrogeait sur le mutisme de son mari depuis le début du procès.
 
"Il raconte mieux que moi. Il a plus de mémoire que moi. J'aimerais bien qu'il prenne la parole", a-t-elle ajouté au deuxième jour d'audience consacré à l'examen des faits concernant le meurtre de Jeanne-Marie Desramault, une étudiante de 21 ans, disparue à Charleville-Mézières en 1989. Son corps avait été retrouvé en juillet 2004 lors de fouilles au château du Sautou à Donchery (Ardennes), l'ancienne propriété du couple.

"L'attitude de son mari peut contribuer à faire lâcher Monique Olivier"
 
Dès l'ouverture du procès le 27 mars, Michel Fourniret avait brandi un écriteau : "Sans huis clos, bouche cousue". En trois semaines de procès et en dehors de quelques laconiques "je reconnais les faits", il a néanmoins rompu sa résolution de participation passive au procès à trois reprises. Lundi, il avait pris spontanément la parole pour défendre Monique Olivier mise en difficulté sur son implication dans le meurtre de Fabienne Leroy, une étudiante de 20 ans tuée par balle dans la Marne en 1988.
 
Le même jour, il avait perdu son sang-froid lors de deux vifs échanges avec Me Seban qui avait souligné deux erreurs du principal accusé, qui avait répondu en confondant deux victimes. Depuis, il a systématiquement opposé un silence haineux aux questions de l'avocat. "Monique Olivier commence à se lâcher. Pas sur les faits, mais sur Michel Fourniret (...) L'attitude de son mari peut contribuer à faire lâcher Monique Olivier", a estimé Me Seban à la suspension d'audience de la mi-journée.

14 avril

Le tueur en série présumé Michel Fourniret, jugé depuis le 27 mars pour sept meurtres, a reconnu lundi devant la cour d'assises des Ardennes, avoir tué en 1989 une fillette belge de douze ans, Elisabeth Brichet. A la onzième audience du procès, prié de préciser sa position, l'accusé a déclaré qu'il reconnaissait les faits d'enlèvement, séquestration et de meurtre mais pas la tentative de viol et le viol. Monique Olivier, compagne de Michel Fourniret et jugée en même temps que son époux, a elle aussi refusé de reconnaître une partie des charges. "Je ne l'ai pas violée ni tuée", a-t-elle bafouillé.

Elisabeth Brichet avait été enlevée par le couple Fourniret le 20 décembre 1989 alors qu'elle rentrait chez elle après avoir rendu visite à une amie. Ses ravisseurs l'avaient repérée et guettée plusieurs heures avant de la convaincre de monter dans leur voiture, utilisant pour la mettre en confiance la présence de leur fils Sélim, alors âgé de quelques mois. Ils l'avaient d'abord conduite à leur domicile à Floing, dans les Ardennes françaises. Michel Fourniret, aidé de Monique Olivier qui serait allé jusqu'à faire la toilette de la victime à la demande de son mari, aurait alors essayé de la violer sans y parvenir, selon des premières déclarations à l'instruction.

Le corps retrouvé 15 ans après

Le lendemain, le couple avait emmené Elisabeth Brichet au château du Sautou. Michel Fourniret, selon de premières déclarations, avait à nouveau tenté de la violer, en vain, avant de l'étouffer avec un sac plastique et l'étrangler de ses mains. Le corps de la fillette avait été retrouvé en 2004 dans l'ancienne propriété de Fourniret, 15 ans après son enlèvement, à la suite des aveux de Monique Olivier en juin 2004.

C'est le quatrième meurtre que Michel Fourniret reconnait à l'audience. Lundi, la famille d'Elisabet Brichet est également venue témoigner à la barre. "Elisabeth c'était une fille de joie et de lumière, c'est son rire clair que j'entends", a déclaré son père, Francis Brichet. Après avoir décrit Fourniret comme "un monstre mythologique s'offrant des jeunes vierges", Francis Brichet a interpellé Monique Olivier. "Quand on ajoute qu'une mère préparait les victimes pour le festin, cela devient abominable", a-t-il dit. La mère d'Elisabeth Brichet, Marie-Noëlle Bouzet, s'en est elle pris à la justice, exprimant le souhait que l'affaire puisse servir à "améliorer le système qui semble bien peu approprié à traiter ces gens-là".

LE VERDICT

Michel Fourniret a été condamné ce mercredi 28 mai 2008 par la cour d'assises des Ardennes à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, la peine maximale du code pénal, et son épouse et complice Monique Olivier à la perpétuité assortie d'une période de 28 ans de sûreté. Après deux mois de débats et 24 heures de délibérations, la cour a suivi les réquisitions de l'avocat général pour Fourniret, 66 ans, reconnu coupable de sept meurtres aggravés de jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, et de trois agressions d'autres jeunes filles ayant réussi à lui échapper.

Il écope de la peine la plus lourde de l'arsenal juridique, déjà appliqué au moins trois fois depuis 2006 dans des affaires de meurtres ou tentatives de meurtre d'enfants accompagnés de viols. Monique Olivier, 59 ans, qui était poursuivie comme coauteure d'un des sept meurtres, a été reconnue coupable de complicité dans ce crime, comme dans trois autres meurtres et le viol en réunion d'Isabelle Laville, tuée en 1987 dans l'Yonne.

Elle échappe à la période de sûreté de 30 ans, mais ne pourra déposer de demande d'aménagement de peine ou de libération conditionnelle avant 28 ans. Son avocat Richard Delgenés, qui souhaitait qu'elle n'écope pas de la peine maximale applicable et qu'elle soit blanchie de l'accusation de meurtre de Jeanne-Marie Desramault en 1989, s'est réjoui d'avoir été "entendu sur ces deux points" par les trois magistrats et les neuf jurés.

Il a précisé qu'il discuterait avec Monique Olivier jeudi ou vendredi d'un éventuel appel, hypothèse que Fourniret a d'ores et déjà écartée par la voix d'un avocat mardi. Les condamnés ont dix jours pour se décider. A l'énoncé du verdict, Fourniret, les cheveux et la barbe fraîchement coupés, est resté figé, les yeux fermés. Olivier, également debout dans le box, n'a eu aucune réaction non plus, demeurant les bras ballants. Face à eux, les proches des victimes, serrés sur les bancs des parties civiles, ont contenu leur émotion, certains s'échangeant des accolades, d'autres essuyant une larme. Me Gérard Chemla, un avocat emblématique des parties civiles, a salué "une décision saine" de la cour d'assises.

"Cela montre que la justice reste mesurée mais aussi particulièrement sévère car les faits sont particulièrement abominables", a-t-il dit devant la presse. "C'est une décision intelligente", a renchéri le père d'une victime, la mère d'une autre avouant "respirer" enfin après avoir craint que Monique Olivier "ait beaucoup moins". La perpétuité incompressible a pu s'appliquer à Fourniret en raison du viol et de l'assassinat de Mananya Thumpong, 13 ans, tuée dans les Ardennes en 2001, après le durcissement en 1994 des modalités d'obtention d'un aménagement de peine après trente ans d'incarcération.

Les époux ont déjà effectué respectivement cinq et quatre ans de détention provisoire, lui depuis son arrestation en juin 2003 après un enlèvement manqué en Belgique, elle depuis l'année suivante quand elle est passée aux aveux devant les enquêteurs belges après quelque 120 interrogatoires. Pendant le procès ouvert le 27 mars, le couple n'a que très peu dévoilé sa dynamique criminelle entretenue pendant seize ans. Hormis lors de quatre audiences faites essentiellement de digressions, Fourniret est resté fidèle à son voeu de silence faute de procès à huis clos.

Monique Olivier n'a cessé de minimiser son implication et prononcé des regrets du bout des lèvres. Le couple devrait encore comparaître aux assises pour les meurtres de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domèce, lui notamment pour assassinat, elle pour complicité.

Dernières Nouvelles

Fourniret sera entendu le 3 juillet 2008 dans le cadre de l'instruction sur les meurtres de Marie-Angèle Domèce, 19 ans, e Joanna Parrish, 20 ans. Monique Olivier, mise en examen pour complicité dans ces deux assassinats, s'est rétractée, affirmant que ses aveux lui avaient été extorqués sous la violence.

 PLUS JAMAIS CA...!!!

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