AFFAIRE GREGORY VILLEMIN

                                              




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L'anorak (très bien conservé), les cordelettes et surtout l'intèrieur des noeuds) et deux enveloppes sont en cours d'analyses afin d'y retrouver des micro-traces...



DIJON (AFP)
— Le procureur général de la Cour d'appel de Dijon a requis mercredi la réouverture de l'instruction judiciaire concernant l'assassinat du petit Grégory Villemin dont le corps avait été retrouvé en octobre 1984, a-t-on appris auprès du magistrat qui a confirmé une information diffusée par le Parisien sur son site internet.

"Saisi par une demande de Mes Thierry Moser et Marie-Christine Chastant, avocats des époux Villemin, j'ai décidé ce jour (mercredi) de requérir la réouverture de l'instruction judiciaire concernant l'assassinat de leur fils Grégory", a affirmé Jean-Marie Beney.

Selon le procureur général, "ces réquisitions de réouverture ont été prises après avoir recueilli au printemps dernier l'avis d'un expert agréé par la Cour de cassation".

Cet expert devait "étudier la possibilité de procéder à de nouveaux examens techniques susceptibles de permettre la révélation de traces ou d'éléments d'ADN" sur un certain nombre de scellés constitués en 1984, au départ de la procédure, a ajouté M. Beney.

C'est maintenant à la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Dijon de suivre ou non les réquisitions du Parquet général et de se prononcer sur la réouverture ou non de ce dossier qui, depuis 1984, a déjà donné lieu à de nombreux rebondissements judiciaires.

La chambre d'instruction devrait se réunir à l'automne prochain, selon le procureur général.

Le corps du petit Grégory Villemin (4 ans) avait été retrouvé dans la rivière la Vologne (Vosges) le 16 octobre 1984.

AFP du mercredi 09 juillet 2008 - 13:00

Me Welzer : «Si le dossier est rouvert, tout doit être mis en œuvre pour qu'on aboutisse.»

Me Gérard Welzer, l'avocat de la famille de Bernard Laroche, se dit partagé entre la soif de vérité et la crainte de nouvelles polémiques. Mais il pourrait à son tour réclamer des expertises.

LE FIGARO. - Vous défendez Marie-Ange Laroche et Muriel Bolle. Comment réagissez-vous à la volonté du parquet général de Dijon de rouvrir le dossier ?
Me Gérard WELZER. - Tout ce qui peut amener à la vérité est bienvenu. Mener de nouvelles expertises est une bonne chose. Le parquet général suit l'affaire de façon rigoureuse. Mais, si l'instruction judiciaire devait reprendre, il n'est pas impossible que nous demandions, à notre tour, de nouvelles expertises. Comme par exemple sur les cassettes audio du corbeau… Elles ont déjà été expertisées, sans succès. Mais, dans ce domaine aussi, la technologie a évolué depuis vingt ans. Et de nouveaux procédés d'identification de la voix pourraient être utiles à la manifestation de la vérité. Il nous appartient d'élargir les pistes.

Estimez-vous que ces nouvelles expertises comportent le risque de rouvrir les plaies et de faire renaître les polémiques et un certain déchaînement de passions ?
La famille de Bernard Laroche est partagée entre deux sentiments : d'une part, le deuil de Bernard Laroche, qui a été ac­cusé à tort puis assassiné (le 29 mars 1985, Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, a abattu Bernard Laroche, NDLR), et d'autre part, la volonté d'aboutir à la vérité. Si le dossier est rouvert, tout doit être mis en œuvre pour que l'on aboutisse. Si l'expertise génétique a pour seul effet de troubler la quiétude des familles, ce sera un terrible échec pour tout le monde.

L'éventualité de cette nouvelle expertise est-elle redoutée ?
Elle n'a aucune raison de l'être. Bernard Laroche a été innocenté. Ma prudence n'est pas une méfiance. Mais il convient de ne céder à aucune agitation. Il faut garder à l'esprit que dans cette affaire, depuis 1984, on est allé de dérapage en dérapage. J'ai le souvenir qu'entre 1984 et 1993 les journaux titraient quasiment toutes les semaines que l'on entrait dans une semaine décisive pour l'enquête et que la vérité allait surgir. À ce jour, elle reste inconnue.

Le Figaro

Le procureur général de Dijon a pris une décision courageuse. Pas étonnant. Jean-Marie Beney est un magistrat opiniâtre à la carrière exceptionnelle.

Si la chambre de l’instruction suit ses réquisitions, le mystère de la mort de Grégory sera peut-être élucidé. Parmi les scellés conservés à la cour d’appel de Dijon, divers objets demeureraient exploitables, notamment la corde qui a lié l’enfant jeté dans la Vologne. Il n’est pas resté assez longtemps dans l’eau pour qu’elles soient dégradées. S’il ne portait pas de gants, son assassin aura laissé des traces en la nouant. Trois enveloppes utilisées par le corbeau seraient aussi soumises à expertises.

Enfin, le laboratoire se pencherait sur la seringue trouvée près de la rivière, même si celle-ci a été fort manipulée lors d’analyses en 1990. Requérir la réouverture d’un dossier si sensible sur des bases aléatoires relève d’une longue réflexion et d’une étude approfondie de la procédure ouverte en 1984, comme le confirme M. Beney. Mais depuis le début de sa carrière à Reims en juillet 1982, le magistrat s’est toujours mis au service de la vérité. Elle seule compte pour lui.

L’homme n’a pas 50 ans mais son curriculum vitae le prédisposerait déjà à une retraite méritée. Originaire de Dijon, étudiant à Nancy, il débute à l’instruction. Le jeune juge est vite repéré par l’administration centrale. Il est nommé chef de cabinet du directeur des affaires criminelles et des grâces.

En 1986, retour sur le terrain, premier substitut du procureur à Pontoise. Un détour par la cour d’appel d’Orléans, de Versailles, et le voici premier substitut du procureur à Nanterre. Devenu avocat général à Rouen, Jean-Marie Beney est promu procureur adjoint à Paris. C’est déjà une belle consécration de ses qualités. Le garde des Sceaux Pascal Clément le remarque, en fait son directeur de cabinet.

Et le 21 mai 2007, il accède à la fonction très convoitée de procureur général, dans sa ville natale. Enfin, last but not least, M. Beney est trois fois chevalier, dans les ordres de la Légion d’honneur, du Mérite, et des Palmes académiques.

Jean-Marie Beney, procureur général près la cour d’appel de Dijon

Dans un entretien accordé à France-Soir, le procureur général Beney confie qu’il a reçu deux fois les époux Villemin. Il explique pourquoi et comment il a repris le dossier.

FRANCE-SOIR. Vous rendez aujourd’hui espoir à des parents meurtris et éprouvés par la justice. Avez-vous hésité à prendre votre décision ?
JEAN-MARIE BENEY. Disons plutôt que je me suis donné du temps. Lorsque Mes Thierry Moser et Marie-Christine Chastant, les avocats des époux Villemin, m’ont saisi de la requête de leurs clients en août 2007, j’ai indiqué que je voulais d’abord travailler. Etant le seul magistrat habilité à rouvrir le dossier, j’avais une responsabilité considérable, d’autant que l’Etat a été condamné dans cette affaire (NDLR :pour « fautes lourdes » et dysfonctionnements de la justice en 2004). Il fallait aborder les choses avec une grande prudence professionnelle et prendre en considération la dimension humaine pour ne pas rouvrir inconsidérément des plaies et un débat toujours vif.

Vous ne connaissiez pas le dossier Grégory. Comment avez-vous travaillé ?
J’avais une sensibilité particulière à l’affaire, parce que ma mère est Vosgienne et que les faits se sont déroulés non loin de mon port d’attache. Comme tous les Français, je m’y suis intéressé. Quand les Villemin m’ont saisi, j’ai compris que leur combat était fondamental, pour ne pas dire vital. Si, on peut le dire : vital. A partir d’août 2007, je me suis plongé dans le dossier, que nous avons numérisé. J’ai tout lu. L’arrêt de non-lieu rendu par le juge Martin, après l’instruction du juge Simon, m’a beaucoup aidé (NDLR :Mme Villemin a bénéficié d’un non-lieu pour « absence de charges » en 1993. Ce document prouve sans contestation possible qu’elle a été injustement soupçonnée).

Avez-vous rencontré Christine et Jean-Marie Villemin ?
Oui, à deux reprises. Je les ai reçus avec leurs conseils. Je souhaitais les voir. Et j’en avais le droit car j’étais le seul magistrat saisi. Je ne reçois pas les familles des disparues de Saône-et-Loire, pour ne citer que cet exemple, car l’instruction est en cours. Je ne peux pas me substituer au juge chargé de l’enquête.
Qu’avez-vous ressenti, face à ce couple qui espère la vérité depuis vingt-quatre ans ?
J’ai été très impressionné par la solidité des Villemin. Ce sont des gens très ébranlés qui, malgré ce qu’ils ont subi, gardent confiance en la justice.

Ce sont eux qui ont vous ont convaincu ?
Non. Je le répète : j’ai travaillé. Par ailleurs, j’ai demandé au professeur Moisan (*) s’il était possible d’exploiter de vieux scellés, même si je sais qu’aujourd’hui on peut conduire des recherches historiques grâce à quelques cellules d’ADN. Il est venu à Dijon et m’a rendu par la suite ses conclusions.

C’est à la chambre de l’instruction de décider si le dossier peut être rouvert. Y a-t-il un risque qu’elle ne vous suive pas ?
Je ne peux pas répondre. Je développerai mes réquisitions à l’audience et l’arrêt dira si j’ai convaincu les magistrats qui statueront.

Avez-vous consulté la chancellerie avant de vous décider ?
Non. J’ai simplement prévenu la direction des affaires criminelles, comme il se doit en pareille circonstance.

(*)Jean-Paul Moisan, expert national en génétique moléculaire, préside l’Institut génétique Nantes Atlantique (IGNA).

France-Soir

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L'espoir de savoir un jour qui a tué le petit Grégory Villemin en 1984 renaît. Selon nos informations, le parquet général de Dijon (Côte-dOr) a pris des réquisitions ce matin en faveur de la réouverture de ce dossier qui avait été clôturé en avril 2001. Officiellement saisie, c'est désormais à la chambre d'instruction de la cour d'appel de Dijon de se prononcer.

Cette décision fait suite à une demande formulée à l'été 2007 par Jean-Marie et Christine Villemin, parents du garçon de 4 ans retrouvé noyé pieds et poings liés dans la Vologne le 16 octobre 1984.

Les époux Villemin motivaient leur requête sur les progrès des techniques en matière de recherches d'ADN. Un expert national a alors été désigné pour savoir s'il était envisageable de retrouver des traces génétiques sur les scellés constitués au début de cette affaire criminelle. Le scientifique a répondu que de telles investigations étaient faisables.

Conforté par cet avis, le parquet général de Dijon a donc estimé que cette possibilité offerte par la science constituait un nouvel élément utile à la manifestation de la vérité. Officiellement saisie, c'est désormais à la chambre d'instruction de la cour d'appel de Dijon de se prononcer. Elle peut décider de rouvrir ou non ce dossier qui reste l'un des plus grandes énigmes criminelles de l'histoire.

- Le Parisien du 9 juillet 2008 -


Affaire Grégory : les progrès des expertises génétiques pourraient résoudre l'énigme

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