AFFAIRE CHRISTOPHER NEIL

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Le pédophile dans tous ses états...!

Le procès...10 mars 2008...ajourné au 2 juin 2008.

Sur les photos on voit un homme. Un homme qui viole un enfant. Le gosse, un petit asiatique, est âgé tout au plus d'une dizaine d'années. on distingue en arrière-plan le décor banal d'une chambre d'hôtel bon marché, un lit, une table, une armoire de bois blanc. Le petit garçon, sur certains clichés, fixe l'objectif d'un regard terrorisé. Il est peut-être vietnamien ou cambodgien. Le violeur, chose rare chez ce type de pervers généralement "discret", s'est photographié lui-même, avec une sorte de complaisance répugnante. Mais il a pris soin de "flouter" son visage à l'aide d'un logiciel informatique.

Dès qu'ils découvrent ces photos affreuses sur un site internet, les policiers allemands du Bundeskriminalamt, le BKA, l'équivalent de notre police judiciaire, ont aussitôt le sentiment d'avoir affaire à une provocation. Le pédophile semble prendre plaisir à narguer les autorités, comme s'il leur lançait un défi. Il envoie aussi des conseils aux autres pédophiles : "Si tu es inquiet au sujet de ce que contient ton ordinateur, l'effacer ne suffit pas. Il faut que tu télécharges le programme Jetico, BPWIPE".

Les enquêteurs dénombrent sur le site quelque 200 photos mettant en scéne une douzaine de victimes. Les plus jeunes doivent avoir 5 ou 6 ans à peine...! Premier objectif des hommes du BKA : "déflouter" les photos. En utilisant un logiciel sophistiqué, un "contre-programme", ils parviennent, après bien des tatonnements, à rendre un visage au pervers. Il s'agit d'un quadragénaire de type européen, les chevaux bruns courts. On s'emploie dans le même temps à repérer l'endroit où les viols ont eu lieu, on agrandit les clichés pour faire apparaître les plus infimes détails, on envoie des tirages, via Interpol, aux polices de Hanoï et de Phnom Penh.

L'hôtel est vite localisé, dans une petite ville du Viêt-Nam connue pour attirer les "touristes sexuels". Dans la foulée, plusieurs enfants figurant sur les photos sont identifiés. On leur montre le portrait de leur violeur, ils le reconnaissent sans hésitation. Seulement, l'homme a déjà filé. En cette fin de novembre 2004, l'enquête s'enlise et tourne court. En 2005, Interpol transmet la photo du suspect à 186 pays. Les recherches sont relancées. Les résultats, hélas, s'avèrent décevants. Le pédophile inconnu, provisoirement baptisé "Vico" - pour Viêt-Nam Cambodge - ne figure, semble-t-il dans aucun fichier.



Durant l'été 2007, Interpol réunit, dans la plus grande discrétion, un groupe d'experts. Il faut faire appel au public, à l'échelle de la planète entière. Ronald K. Noble, le secrétaire général d'Interpol, hésite. Jamais Interpol ne s'est livrée à une telle opération - sauf quand il s'agissait de...Ben Laden...! Le lundi 8 octobre 2007, Interpol diffuse la photo du pédophile sous la mention "Wanted" (Recherché". Le jour même, le document est repris par les médias du monde entier., le suspect fait la une de tous les journaux sans exception.

Et les mails fusent. 30 durant la première nuit, 350 en trois jours. Parmi eux, 5 messages retiennent particulièrement l'attention; 5 internautes, domiciliés en Asie, en Europe et en Amérique du Nord, pensent avoir reconnu le suspect. Mais ils ne savent que son prénom, Christopher, et son métier, professeur d'anglais.



L'un d'eux précise qu'en ce moment il travaillerait en Corée du Sud. Les policiers sud-coréens passent alors au crible le fichier des étrangers dans leur pays. Ils découvrent ainsi qu'un certain Christopher Neil, d'origine canadienne, né le 6 février 1975, enseigne l'anglais sur le campus universitaire de Gwangju, une petite ville située à 370 kilomètres de Séoul.

Le mercredi 10 octobre 2007, une équipe se présente au domicile du suspect, trop tard. Sa famille, qui habite la Colombie-Britannique reconnait bien Christopher sur la photo. Et les Neil découvrent le terrible soupçon qui pèse sur le membre de la famille. Jeudi 11 octobre 2007, à l'aéroport Suvarnabhumi de Bangkok, les passagers du vol en provenance de Séoul s'apprêtent à passer le contrôle de la police de l'air et des frontières. Parmi eux, un quadragénaire au crâne rasé, le regard caché par des lunettes noires, l'allure d'un homme d'affaire.

A 15 heures 26 précises, l'individu tend un passeport canadien au nom de Christopher Neil. Bavure, négligence, manque de coordination ? Alors que toutes les polices du monde sont censées connaître le nom du pédophile, le fonctionnaire de Bangkok ne réagit pas...! Il se contente de donner un coup de tampon. Quand la police thaïlandaise se rend compte de la bévue, il est trop tard. Une patrouille fonce à l'hôtel où le suspect, selon les indications qu'il a portées en remplissant sa fiche d'immigration, est censé résider.

Il n'y est pas, bien entendu...En revanche il a été filmé par les caméras de surveillance de l'aéroport. C'est ainsi que l'on découvre le nouveau look du pédophile. Interpol s'empresse de diffuser sa photo sur Internet. Et la traque repart. Entre-temps, la gendarmerie du Canada n'est pas restée inactive. 



Elle a enquêté sur le passé du pédophile et ce qu'elle a découvert est édifiant : Christopher Neil s'est toujours arrangé pour travailler avec de jeunes garçons. En 1995, âgé de 20 ans, il est entré au séminaire Christ of the King, à Mission, une ville de Colombie-Britannique. De 1998 à 2000, on le retrouve aumônier d'un camp de vacances en Nouvelle-Ecosse. Puis le voici en Colombie-Britannique dans une école privée pour garçons.

Abandonnant l'idée de devenir prêtre, il part ensuite pour l'Asie. En Thaïlande d'abord, où il enseigne l'anglais dans un établissement chrétien en 2003 et 2004. Puis au Viêt-Nam et au Cambodge et, enfin, depuis le mois d'août 2007, à Gwangju en Corée du sud...Interpol dépêche un de ses agents à Bangkok. Mais la traque s'annonce difficile. L'agent commence par chercher dans ces nombreux hôtels de Pataya ou de Phuket, deux villes balnéaires tristement réputées pour attirer les pervers du monde entier.

Il lance un message sur Internet : "Rendez-vous, Neil, vous ne pourrez pas échapper à la justice"...La chasse à l'homme, et, c'est une première mondiale, en direct sur la toile...! Mais Christopher Neil n'a pas l'intention de se rendre. Il a filé vers le nord et se cache dans une maison qu'il a louée à Nakhon Ratchasima. Ce sera sa dernière cachette. Des voisins, qui ont vu sa photo diffusée à la télévision thaïlandaise, le reconnaissent dans le hall de l'immeuble. Le 19 octobre 2007 au matin, on frappe à sa porte.

Le jeune homme se rend sans résistance. "Je pense qu'il savait que nous venions" a commenté le colonel Paisel Luesombloon, qui a procédé à l'arrestation, "il nous attendait". Si le Canada n'obtient pas l'extradition de son ressortissant, Neil sera jugé en Thaïlande où il risque 20 ans de prison. Mais 20 ans de prison dans les geoles thaïlandaise c'est....la mort...!



Le procès débutera le 10 mars à Bangkok

Le procès de « Vico », le pseudonyme utilisé par le Canadien Christopher Neil, accusé en Thaïlande de « sévices sexuels sur mineurs », s’ouvrira lundi devant un tribunal de Bangkok. Lors de l’audience préliminaire, il a plaidé non coupable.
Ce fut une première. Une première couronnée de succès. En octobre dernier, Interpol, l’Organisation internationale de police criminelle basée à Lyon, lançait un appel dans le monde entier pour tenter d’identifier un homme apparaissant sur des images d’abus sexuels diffusées sur Internet.

Initialement, les photographies avaient été floutées par le suspect ou ses complices, et ce afin « que son visage ne soit pas reconnaissable », précisaient alors les enquêteurs dans un communiqué. Mais les spécialistes du Bundeskriminalamt (BKA, la police criminelle allemande), travaillant de concert avec la sous-direction Trafic d’êtres humains d’Interpol, étaient finalement parvenus à obtenir une image exploitable. Une énorme avancée dans cette enquête qui durait alors depuis une « éternité ». En effet, selon le secrétaire général de l’organisation internationale, Ronald K. Noble, « les images de cet homme en train de commettre des abus sexuels sur des enfants circulaient sur Internet depuis des années ». Et malgré tous leurs efforts, jamais les policiers n’étaient parvenus à découvrir l’identité et la nationalité du suspect.

Lundi, près de cinq mois après son interpellation, Vico va donc être jugé. Accusé du viol de plusieurs mineurs, « il a nié toutes les accusations lors de l’audience préliminaire », rappelait hier un porte-parole d’Interpol. De son côté, la police thaïlandaise a fait savoir que s’il est reconnu coupable, « Vico » devra purger sa peine avant d’être extradé. La justice cambodgienne veut également l’interroger et il n’est pas exclu que des magistrats vietnamiens cherchent également à l’entendre.

Les procureurs ont l'intention de déposer en preuve environ 70 photographies montrant Neil se livrant à des actes sexuels avec de jeunes garçons nus ou partiellement dévêtus, a dit M. Sontus. Ils prévoient également faire témoigner la jeune victime et ses parents, ainsi qu'un autre garçon ayant recruté la victime pour Neil.

Selon M. Sontus, des accusations supplémentaires pourraient être portées contre le Canadien si la police parvient à retracer d'autres victimes présumées en Thaïlande.

Le procès a été ajourné au 2 juin prochain

LE PROCES...

BANGKOK, Thaïlande — Le Canadien Christopher Neil a plaidé non coupable à toutes les accusations qui pèsent contre lui alors que s'ouvrait lundi 2 juin 2008, en Thaïlande, son procès pour pédophilie. Neil est accusé d'avoir agressé sexuellement un garçon âgé de neuf ans. La cour doit entendre le premier témoin le 7 octobre prochain.

L'homme de 33 ans a été appréhendé en Thaïlande le 19 octobre 2007, au terme d'une chasse à l'homme d'envergure internationale lancée par Interpol. Le corps policier avait trouvé sur internet, en 2004, environ 200 photos montrant un homme en train d'agresser une douzaine de jeunes victimes vietnamiennes et cambodgiennes. Le visage de l'agresseur était toutefois brouillé et ce n'est que trois ans plus tard que les photos ont pu être débrouillées, grâce au travail d'experts en informatique allemands.

Fiche Interpol

Interpol a finalement réussi à arrêter Neil 11 jours après la diffusion publique des images. Neil est accusé d'avoir agressé en 2003 un jeune Thaïlandais de neuf ans, qui aurait communiqué avec la police après avoir vu des images de l'arrestation à la télévision. Neil aurait offert au jeune garçon entre 15 $ et 30 $ pour des faveurs sexuelles. Il est aussi accusé d'avoir filmé cette agression et d'avoir retenu un enfant contre son gré. La victime présumée, maintenant âgée de 14 ans, sera probablement appelée à témoigner. L'accusé pourrait écoper d'une peine d'emprisonnement de 20 ans. Originaire de Maple Ridge en Colombie-Britannique, Christopher Neil a travaillé comme enseignant dans plusieurs pays d'Asie. Il a aussi travaillé comme aumônier au Canada, ce qui l'a amené à conseiller des adolescents.



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