LA MAISON DE CHERBOURG

Madame Camille Flammarion...

Melle Renaudot (future Mme Camille Flammarion) ayant été invitée en avril 1918 par le Docteur Bonnefoy, alors veuf et remarié, à venir passer quelques jours à Cherbourg au 13 rue de la Polle, il lui échut une chambre renfermant de nombreux objets ayant appartenu à la défunte et en particulier, le lit dans lequel elle était décédée. "Il se trouva, raconte Melle Renaudot, que je reçus, sinon la chambre de Mme Suzanne Bonnefoy, du moins son lit transporté du rez-de-chaussée où elle était morte, dans une chambre du premier étage, qui avait été sa chambre de jeune fille. A 4 heures du matin le 27 avril, un bruit formidable m'éveilla ; à gauche de lit, des craquements plus doux, semblables à ceux d'une personne se retournant dans un lit. Le bois de mon lit grinçait. Enfin j'entendis un bruit de pas léger et glissant partant à gauche du lit, le contournant au pied et allant s'évanouir dans le salon à droite où Madame Bonnefoy avait l'habitude de se tenir en écoutant son mari jouer à l'orgue ou au piano. 

Camille Flamarrion et sa première épouse, Sylvie Petiaux.

A 5 heures au proie à une terreur irraisonnée, je montai chercher la cuisinière, Marie Thionnet, qui couchait au 3° étage. Elle descendit avec moi et les bruits cessèrent. Dans la journée, je cherchai l'explication des phénomènes, chats, rats, grimpants le long des murs...J'examinai le mur à gauche du lit. Le 27 avril au soir, je me couchais à 23 heures inquiète et nerveuse. De suite après, les bruits commençèrent comme le matin. Je montai chercher la cuisinière immédiatement. Pendant une demi heure les bruits continuèrent et consistèrent à un formidable craquement dans le mur de gauche et en coups frappés sur le portrait de Mme Bonnefoy ou derrière ce portrait qui était accroché au mur. Et toujours ces bruits de pas glissants dans toute la chambre. A 11 heures 30 les bruits cessèrent. Je suis restée dans cette maison jusuqu'au samedi 4 mai, n'ayant plus rien entendu et étant redevenu plus calme, j'ai alors prié la morte de se manifester et de me faire savoir d'une manière quelconque ce qu'elle pouvait désirer. Mais rien ne se passa".

Mlle Renaudot, alors jeune astronome à l'observatoire de Juvisy, mathématicienne distinguée, directrice du bulletin mensuel de la Société astronomique de France, membre de l'Association des journalistes parisiens, était très sceptique en ce qui concerne les phénomènes psychiques et passait des nuits entières à observer les étoiles.

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