LA MAISON DE DUNKERQUE

L'Incroyable Malédiction...!!

Les bruits sourds, contre la porte d'entrée, redoublent de vigueur. Mais Mounira Riahi ne réagit pas. Elle s'absorbe dans son travail ménager, bien décidée à faire celle qui n'entend rien. En cet après-midi de décembre 1985, sa maison du 15 square Che-Guevara, à Grande Synthe, une banlieue de Dunkerque, est le théâtre d'étranges phénomènes. Les murs craquent, on frappe à la porte, sans qu'aucune présence ne se manifeste. Le mari de Mounira, avant de partir travailler, a recommandé à sa femme : "Ne t'occupe pas de ça, fais comme s'il ne se passait rien et cela s'arrêtera tout seul". La jeune femme, malgré la terreur, continue son repassage. Mais soudain, elle pousse un hurlement. Deux mains se sont agrippées à son cou, des doigts d'une force extraordinaire se referment sur sa nuque, se mettant à serrer de plus en plus fort. Bientôt, elle ne pourra plus respirer. Dans un effort surhumain, Mounira essaie de repousser son agresseur. Mais il n'y a personne derrière elle. Pourtant, une force immatérielle ne cesse de lui comprimer la gorge. Elle lance un grand cri sauvage. Quand le voisin, Monsieur Bouchet, alerté par son appel, surgit dans la cuisine, elle est en proie à une terreur folle : "Il a voulu m'étrangler ! sanglote-t-elle, l'esprit a voulu me tuer ! Aidez-moi, je veux sortir d'ici ! Je ne veux plus mettre les pieds dans cette maison...!

Tout commence le 17 novembre 1985. Ce jour-là, un dimanche, le chef de famille, Djilali Riahi, est allé assister à un match du club de football, dont il est le président, avec des copains. Sa femme Mounira est restée seule, à la maison, avec leurs 5 enfants. Après avoir regardé une émission à la télé, elle décide de monter au premier, dans la chambre, préparer les vêtements de ses petits écoliers, pour le lendemain. C'est alors que les premiers coups résonnent à la porte d'entrée. Qui peut venir à cette heure ? Elle jette un coup d'oeil dehors, par la fenêtre. Personne sur le trottoir. Il s'agit sans doute d'une blague des gamins du coin. Les coups résonnent une seconde fois un peu plus tard, toujours en bas et plus fortement et elle ne voit toujours rien. Ce vacarme va durer une bonne partie de la journée. Quand Djilali, son mari, rentre enfin, elle lui explique la situation. Inquiet pour son épouse, il décide de se rendre dehors et de se cacher dans les bosquets pour surprendre les éventuels "blagueurs". Aucune silhouette ne se profile devant lui. Mais la porte du garage se met soudain à vibrer, comme si quelqu'un donnait des coups violents sur la paroi de métal. Djilali se précipite. Personne en vue. Mais les bruits continuent. Il pénètre dans le garage, explore en vain les lieux déserts.

La famille Riahi.

Il ne rêve pas, le tapage se poursuit devant lui...! A 19 heures précise le vacarme cesse. La famille peut aller tranquillement se coucher. Le lendemain, en allant travailler - Monsieur Riahi est chef d'équipe chez Usinor - il laisse une femme inquiète, que la présence de sa fille aînée, Malika 19 ans, ne suffit pas à rassurer. A peine sont-elles seules, que les bruits recommencent. Les deux femmes, cette fois, se précipitent au garage, font le tour de la maison. Sans succès. Il n'y a pas âmes humaines aux alentours. A l'heure du déjeuner, Mounira raconte tout à son mari, qui se refuse encore à prendre ces manifestations au sérieux. Mais quand il rentre, le soir, les vitres se mettent à vibrer et on cogne de plus en plus fort, à la porte. Cette fois, Riahi fait le guet dans le couloir. Les bruits durent un long moment. Les carreaux manquent de se briser, sous l'effet des coups de poing violents, mais le phénomène demeure inexplicable. Pendant toute une semaine, la maison résonne sous ce tintamarre étrange, qui affole de plus en plus ses occupants. Le samedi suivant, tout se tait, mais c'est pour pire encore...Mounira est assise tranquillement sur le canapé, en train de regarder la télévision, lorsqu'un tableau se met soudain à se détacher tout seul du mur et vient se poser lentement sur le sol...! Cela n'a fait aucun bruit, comme si une main délicate l'avait aidé à se poser. Un instant plus tard, un autre tableau, puis un autre, suivent le même chemin. Bientôt les murs sont nus et tous les objets sont placés méthodiquement par terre. Quand son mari rentre, elle lui dit qu'elle ne veut plus rester dans cette maison "possédée par des esprits".

- On va appeler un prêtre dit Djilali. Ne t'inquiète pas, on va chasser les démons !" Avec l'aide de leur voisin et ami, Monsieur Bouchet, un prêtre est convoqué, qui dit les prières d'usage dans toutes les pièces. Mais quelques jours plus tard, Mounira est assise dans le salon, quand sa fille Donia, 14 ans, pousse un hurlement : "Maman attention, baisse toi !" Le couteau suspendu au mur de la cuisine s'est déplacé tout seul, filant droit vers la gorge de la jeune femme. Si elle ne s'était pas écartée, elle mourait égorgée...! Mais le couteau va droit par la fenêtre et atterrit dans le jardin. Mounira et ses filles livides, se regardent sans pouvoir prononcer un mot. L'ombre de la mort vient de planer au-dessus d'elles. A partir de ce jour, les prodiges se succèdent à une vitesse vertigineuse. Mounira, un soir, alors qu'elle est en train de faire la cuisine, sent les dents d'une fourchette s'enfoncer dans sa nuque et cri de douleur. Le couvert se remet seul en place, sans aucune main pour le guider. Une autre fois, sa petite fille de 5 ans, qui jouait près de la table du téléphone, se retrouve coincée contre le meuble, par le buffet, qui s'approche d'elle au point de commencer à l'écraser. Elle échappe de justesse à une mort horrible, Mounira ayant été attirée à temps, par ses hurlements. Un après-midi le petit Annys, 9 ans se met à pousser un cri : "Maman, quelqu'un m'a frappé !". Mounira ne voit personne, mais elle s'aperçoit avec horreur que la jupe de sa fille Samira est en train de brûler..! Elle saisit une serviette et la jette sur le vêtement. Un instant plus atrd c'est un matelas qui prend feu également. Le lendemain alors que la famille est réunie dans le salon, en train de converser, une longue flamme lèche le parquet : le rideau de la porte s'enflamme spontanément....!

- Ce n'est plus possible dit Monira...Je vais déménager...

L'exorcisme commence.

Le jour suivant, elle va s'installer, avec ses enfants, chez des amis tunisiens, avec ses enfants. Son mari convoque des exorcistes. Il y aura 6 séances de désenvoutement. Un mage viendra de Londres, exprès pour chasser les esprits des lieux, devenus déjà célèbre dans la région. Un gourou marocain, un "Chhir" va lui succéder, faisant les prières rituelles, brûlant l'encens. Il rentre au Maroc, le 4 décembre, après avoir dit à la famille : "Quelqu'un vous en veut et vous a jeté un sort. Ce sont des gens de chez vous. L'une des personnes fait même partie de votre famille..." Djilali Riahi n'en est pas étonné : "Dans mon pays, en Tunisie, dit-il, les jeteurs de sorts sont chose courante". Le marabout, hélàs, ne parviendra pas à chasser le mauvais esprit. Les incendies vont à nouveau se produire, quelques jours après son départ. "Ce sont des esprits, je les ai vus, raconte Donia, la fillette de 14 ans. Quand l'exorciste est venu, il m'a mis des objets noirs dans la main et il m'a demandé de lui décrire ce que je voyais.". Donia a vu un homme âgé, apparaître devant elle. Il est assis sur une chaise. Il n'a pas l'air méchant. Elle ne le connaît pas. Elle va donner la description au gourou. "Pose lui cette question lui ordonne celui-ci, en lui dictant quelques paroles en arabe. Donia s'exécute. Elle apprendra de la bouche de l'apparition qu'il y a onze esprits dans la maison. "Ils veulent du mal à ta famille" révèle l'inconnu, avant de s'évanouir. Personne d'autre que l'adolescente n'a pu voir ce "fantôme". Mais elle en parle comme d'un phénomène tout à fait évident.

Les enfants furent "exorcicés" également.

Quelques jours plus tard, le journal "Le nouveau Détective" d'où est tiré cet article, va faire appel à un exorciste parisien Dorian Janon, de façon gracieuse. Nous sommes un vendredi 13 décembre. Il fait froid et obscur chez les Riahi, quand il pénètre : la chaudière ne fonctionne plus et la lumière n'arrête pas de s'allumer et de s'éteindre. L'exorcisme se déroule en trois phases : il faut d'abord purifier les lieux en brûlant l'encens, qui se consume dans une petite poële contenant des charbons ardents. Le diacre se rend d'une pièce à l'autre en jetant de l'eau bénite et en psalmodiant des incantations. Bientôt, les lieux sont tellement enfumés qu'il est impossible de voir à trois mètres. "Prenez ces bougies", demande ensuite l'exorciste à Monsieur et à Madame Riahi. Ils tiennent un cierge allumé à la main et écoutent avec recuillement les prières du religieux. Il y a 7 bougies, chacune pour un jour de la semaine. Après avoir fait brûler les dernières résines, Dorian Janon se retire. Dans la rue une foule de curieux attend le départ des esprits. Une voiture de pompiers, alertée par l'incendie récent d'un matelas, chez les Riahi, s'en retourne à la caserne. Un photographe quitte la maison hantée, après avoir fini sa pellicule. Tous ces visiteurs ne se doutent pas qu'ils ont emportés avec eux les esprits malins des Riahi. Ils vont s'en aperçevoir bientôt : un kilomètre plus loin, tous les clignotants de sécurité de la voiture des pompiers s'allument. Et pourtant, une fois vérification faite, rien ne cloche, dans le véhicule. Quant au photographe, il s'aperçoit au tirage que ses pellicules sont vierges. Mais assure Monsieur Janon, les phénomènes qui ont tant bouleversé les Riahi vont s'arrêter très prochainement. Il pense hélàs, que personne n'est à l'abri de ce genre d'évènement.

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