LA MAISON DE L'ECOSSAIS

L'Apparition...

"J'arrivais à Brighton, racontait Mrs O'Donnell, avec ma fille et je louai plusieurs pièces meublées dans une rue d'un faubourg de Hove. C'étaient des pièces grandes et confortables. Je fis faire du feu dans ma chambre et me retirai de bonne heure, déclarant que je me senatis enrhumée. J'étais au lit depuis une heure quand je fus réveillé par un fort bruit de pas à l'étage supérieur qui devinrent bientôt si distincts qu'ils semblaient résonner dans ma chambre même et en réalité, j'éprouvais l'impresssion que ma chambre était pleine de monde. Lorsque la femme de chambre se présenta vers 8 heures le matin, je lui déclara : les locataires de l'étage n'ont d'égard pour personne ! Elle me regarda étonnée, et dit : Mais, il n'y a pas de locataire à l'étage du dessus ! A l'approche de la troisième nuit, je fis en sorte qu'un feu flambât dans la cheminée, et je me fis porter une veilleuse pour me tenir compagnie."

Hélàs ! Bientôt, un frisson de terreur secoua Mrs O'Donnell, car les pas recommencèrent. Elle demeura plus d'une heure le visage tourné vers le feu, puis sentit le besoin de se tourner de l'autre côté. Facheuse idée...! Elle aperçut à son côté un spectre horrible qui, d'une main, montrait la chambre contiguë. D'abord, très effrayée, elle écarta le drap pour regarder de nouveau : le spectre était toujours là. Désespérée, elle s'écria : "Mon Dieu, qu'est-ce que cela peut être ?" Reprenant son courage, elle allongea la main pour savoir si elle se heurterait à quelque chose de matériel. Qu'on juge de son horreur lorsqu'elle se sentit par une main glacée ! Lorsque, au matin, sa fille entra dans sa chambre, Mrs O'Donnell avait perdu l'usage de la parole et quelques temps passa avant qu'elle pût la retrouver.

Quand elle eut raconter son récit, elle changea de chambre avec sa fille. La figure qui lui était apparue était celle d'un jeune homme de petite taille, au teint brun, aux mains fines ; il était habillé d'un costume noir, tout froissé. Il ressemblait plutôt à un épouvantail qu'à un être humain. La nuit suivante, par la porte fermée à clefs, elle vit entrer un jeune homme qui, s'avançant dans la chambre lui dit : "Vous occupez donc maintenant la chambre de l'Ecossais ?" Puis il sourit aimablement et sorti comme il était entré. Le lendemain, elle raconta son histoire à plusieurs de ses amis, quand l'une d'elles rétorqua : "Ne serait-ce pas la maison où un jeune homme s'est suicidé il y a quelques semaines ? Je fis appeler la propriétaire et elle finit par me confesser la vérité. Je sus que le jeune homme avait dormi dans ma chambre, qu'il s'était servi de l'autre chambre (indiquée par la main) comme salon, et que, de la fenêtre, il s'était précipité tête la première se tuant sur le coup. Quand à l'autre observation, concernant le spectre qui m'avertit que j'occupais la chambre de l'Ecossais, il en résulte qu'un jeune homme, grand ami du suicidé, occupait alors le salon et la chambre où je me trouvais cette nuit".

Comme quoi, on ne parle pas que du Loch Ness en Ecosse...

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