LE RETOUR DE LUCIA

Incroyable réincarnation...!

Elle emmène avec elle son dernier né, un petit garçon de 3 ans. La famille de Salvio est une famille nombreuse : 14 enfants, le père, la mère et les grands-parents. La famille de Salvio vit, comme tous les madrilènes, une période dramatique : après la démission du général Primo de Rivera, qui avait gouverné le pays pendant 7 ans, la République avait été proclamée en 1931 et, depuis, l'Espagne était ensanglantée par la lutte entre monarchistes et républicains, qui endeuilla Madrid, Séville, la Catalogne et le pays basque. Le 15 avril 1933 au moment où Lucia de Salvio sort dans la rue en tenant son jeune enfant par la main, un détachement de troupes prend position dans la rue. Lucia est inquiète. Elle veut rentrer vite chez elle, à l'abri, et se hâte de terminer son marché. Soudain, c'est le drame : un véhicule militaire surgit au moment où Lucia traverse la rue. Elle hurle, tente de repousser son fils, mais c'est trop tard. Le camion fauche la mère et l'enfant. Lucia et son fils sont tués sur le coup. La foule s'attroupe. On ramasse les corps sanglants. Une heure plus tard, Pedro de Salvio, effondré, reconnaîtra les corps de sa femme et de son fils à la morgue de l'hôpital. Les drames de ce genre sont hélas nombreux en période de guerre. La mort accidentelle de ces deux innocents passa totalement inaperçue dans le bruit et la fureur qui secouait l'Espagne en cette période trouble. Et l'oubli se referma sur eux.

Cette épreuve photographique est absolument authetique. Elle représente le spectre de Catherine Howard, à Hamptton Court vers la fin du 19° siècle.

 Au mois de juillet 1933, en Hongrie, à plusieurs milliers de kilomètres de l'Espagne, vit à Budapest la famille d'un ingènieur : le père, la mère et leurs quatre enfants. Ce sont des gens simples, tranquilles, des gens qui n'ont jamais voyagé, qui ne connaissent pas l'Espagne, qui ne reçoivent aucune nouvelle de ce pays, qui n'ont jamais appris la langue espagnole et qui, de toute évidence, n'ont jamais su que trois mois plus tôt, une mère et son fils avaient été écrasés par un camion. Le 15 juillet 1933, l'ingénieur part à son bureau en laissant chez lui la plus jeune de ses filles, Iris, malade est alitée. L'ingénieur est inquiet. Au cours de la journée, l'état d'Iris s'aggrave subitement. Un médecin est appelé à son chevet, et puis un second : leur diagnostic est réservé. Le mal dont souffre la jeune Iris ressemble à une crise aiguë de langueur. Iris perd conscience. Les médecins sont impuissants. 20 jours se passent sans qu'Iris reprenne totalement conscience.

Le 5 août 1933, le mal semble encore s'aggraver. La jeune fille sombre dans un sommeil si profond que les médecins la croient entrée dans un coma. Et puis, brutalement alors que déjà on prépare les parents affolés à l'issue fatale, Iris se réveille. Elle ouvre les yeux, se dresse sur son lit, pâle, amaigrie, totalement consciente et en parfaite santé. Le 6 août, vers 7 heures, la mère d'Iris se rend dans la chambre de sa fille et pousse un cri : Iris a disparu. La chose parait invraisemblable. Toute la famille, les amis partent à sa recherche. Et on la trouve là où on s'attendait le moins à la voir : dans la cuisine. Aussi incroyable, stupéfiant que cela puisse paraître, la petite Iris, âgée de 16 ans, qui vient d'échapper miraculeusement à la mort, est en train de faire la vaisselle...!! Les parents s'approchent, silencieux, craintifs : Iris leur adresse un sourire, lointain, très étrange, sans leur adresser la parole.

- Iris ma chérie, demande le père, tu te sens bien ? Tu a voulu nous prouver que tu étais rétablie ? Tu a voulu nous surprendre en faisant la vaisselle : toi qui ne la faisais jamais avant...

Iris ne répond pas. Elle siffle joyeusement - elle ne sifflait jamais avant - et lave verres et assiettes. Les parents redoutent un instant qu'Iris ait perdu l'esprit. Cette forte fièvre a peut-être troublé sa mémoire et elle ne reconnaît plus ses parents. Le père éclate en sanglots et prend sa fille dans ses bras. Iris interrompt son travail. Elle essuie ses mains à son tablier et regarde son père avec attention. Et enfin, elle parle. Mais les quelques paroles qu'elle prononce frappent la famille de stupeur : car Iris s'exprime dans une langue étrangère, une langue que personne ne connaît. Une langue qui s'avère être...espagnole...!! Personne dans la famille n'a jamais appris cette langue, personne ne comprend ce que dit Iris. A tout hasard, le père lui pose une question en anglais. Et à son vif étonnement, Iris lui répond dans cette langue : pourtant, Iris n'a jamais appris l'anglais...Et elle demande à son père : "Où sommes nous ?".

Les médecins sont appelés d'urgence et, parmi eux, il se trouve un homme ayant vécu en Espagne qui entame avec Iris une hallucinante conversation : "Qui êtes-vous ? demande le médecin. "Je m'appelle Lucia de Salvio répond Iris en espagnol. "Où habitez-vous ?". "J'habite Madrid, avec mon mari, Pedro de Salvio, qui est employé aux chemins de fer, et mes 14 enfants."...Abasourdis, les témoins se taisent. Alors qu'Iris s'avance vers un miroir, se regarde avec étonnement et s'exclame toujours en espagnol : "C'est étonnant, j'ai l'impression d'avoir rajeuni...!". Puis Iris, qui n'avait jamais fumé, demande qu'on lui apporte un paquet de cigarettes. Elle s'habitue à son "nouveau cadre de vie" et, souvent, fait à sa famille des démonstrations de...danse espagnole..! Quand elle chante, ce sont des flamencos ! Quand elle cuisine, elle confectionne des paëllas, des calamars farcis et prépare de savoureuses sangrias..! A Budapest, l'extraordinaire nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Les journalistes, les psychologues et les médecins se ruent pour apercevoir "la miraculée". Un grand journal hongrois titre, le 27 avril 1935 : "Etonnante réincarnation d'une jeune fille de Budapest..."

Au bout de quelques jours, habitués à cette stupéfiante aventure, les parents d'iris entreprennent de rechercher la famille de Salvio à Madrid : c'était pour eux lsa seule manière d'avoir la preuve de la réincarnation d'une étrangère dans l'enveloppe charnelle de leur fille. Il fallut attendre des années, après la guerre, pour qu'enfin, l'ingénieur hongrois retrouve la trace de Pedro de Salvio qui avait quitté Madrid. Iris, elle, continuait à évoquer sa famille espagnole, son mari qu'elle aimait, ses 14 enfants, son appartement à Madrid. Lorsque Pedro de Salvio eut connaissance de cette incroyable histoire, il fut profondément choqué : comment faire croire à un pauvre homme qui a perdu sa femme et son plus jeune fils qu'une étrangère, à quelques milliers de kilomètres de là, prétend être sa femme réincarnée...! Mais l'ingénieur hongrois se montra si convaincant, si désespéré, que Pedro de Salvio accepta de rendre visite à Iris. Lorsqu'elle le vit, Iris se jeta dans ses bras. Elle lui parla comme lui parlait sa femme. Elle savait tout de leur intimité passée, elle évoquait mille souvenirs connus de Pedro seulement, qui remontaient loin dans leur jeunesse. Pedro bouleversé, fut convaincu que l'âme de sa femme s'était réfugiée dans le corps de la jeune hongroise. Il ne pouvait plus détacher son regard de cette jeune femme qui avait été sa propre épouse..!

Aucun scientifique n'a jamais pu expliquer logiquement ce mystère. Aucune théorie, aucun exemple ne peut convaincre de l'incroyable. Les traces d'Iris et de Pedro se perdent brutalement. Qu'est-il advenu de cet amour étrange, un instant interrompu par la mort...? Où cet homme frappé par le destin le plus incroyable est-il aller cacher son secret ? A-t-il gardé dans son coeur le souvenir de Lucia ? A-t-il emmené avec lui cette jeune fille blonde qui s'était appelée Iris, dans une autre vie...?

Nul ne le saura jamais...Il est des histoires dont il vaut mieux ne pas connaître la fin...

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