LA MARY CELESTE

Elle fut repérée le 5 décembre 1872 par le cargo anglais Dei Gratia dérivant dans l’Atlantique Nord à mi-chemin entre les Açores et le Portugal.
Les voiles sont carguées mais le voilier déambule étonnamment. Le capitaine du cargo '"sauveteur", David Moorehouse, s’aperçoit avec stupeur qu’il s’agit de la Mary Celeste.

Benjamin Spooner Briggs

Il avait dîné à bord du voilier avec son capitaine, Benjamin Spooner Briggs, un mois plus tôt.
Quelques jours après, la Mary Celeste appareillait pour Gênes avec une cargaison de 1 700 tonneaux d’alcool pur. 10 personnes étaient à bord : 7 hommes d'équipage, le capitaine, sa femme et sa petite fille de deux ans.

 

Sarah Briggs la femme du Capitaine et Sophia leur fille.

Après plusieurs appels vers la Mary Céleste, Morehouse prend la décision de monter à bord. il envoie en reconnaissance son second, Olivier Deveau, et deux marins. Une fois à bord, Deveau sonde aussitôt la cale, dont deux panneaux sont enlevés. Il y a environ un mètre d'eau au fond, mais les pompes sont en bon état, bien qu'une d'entre elles gise, démontée, sur le pont; le bateau n'est donc pas en danger de couler. La cargaison est solidement arimée, et il ne manque qu'un bouchon à l'un des barils d'alcool. Morehouse s’étonne du désordre indescriptible qui règne dans la cabine du capitaine. Dans le carré des matelots, par contre, tout est en ordre. Le compas et les autres instruments de navigation sont cassés ou ont disparu.

 

La Mary Céleste. Peintre inconnu.

Dans la cabine du second Deveau trouve le journal de bord. Il s'arrête le 24 novembre. La position indiquée était à 100 milles au sud-ouest de l'île de Sao Miguel des Açores. Dans la chambre du commandant, sur l'ardoise de bord, on trouve une indication plus récente, montrant que le lendemain 25 novembre à huit heures du matin le navire est passé près de l'île de Santa Maria. Depuis lors, onze jours se sont écoulés; la "Mary Celeste" a encore parcouru 500 milles, restant apparemment sur sa route initiale.
. Apparemment, le navire dérive depuis près de deux semaines et a parcouru environ 500 milles. Les avaries ne sont pourtant pas très importantes. Deux des écoutilles se sont rompues et un mètre d’eau environ a envahi la cale.
Un tonneau d’alcool a été éventré et une entaille, faite à la hache, apparaît dans l’une des rambardes.

Liste des passagers.

Fait étrange, les six fenêtres des logements de l’arrière sont condamnées par de la toile et des planches. Un seul indice plaide en faveur d’un acte criminel : une épée rouillée est découverte sous une couchette. Moorehouse ramène la Mary Celeste à Gibraltar pour être examinée par les autorités judiciaires.
Les résultats sont décevants. Il n’y a que cette entaille longue de deux mètres juste au dessus de la ligne de flottaison qui peut faire penser à un acte criminel.
Des traces rougeâtres relevées sur le bastingage sont analysées mais ce n’est que de la rouille.

Deveau et ses hommes retournent sur le "Dei Gratia". Le capitaine Morehouse décide de ramener la goélette afin de toucher la prime de sauvetage. La cargaison, à elle seule vaut, après tout, environ 42 000$ et le bateau est assuré pour 17 400$.

Sur les ordres de son capitaine, Deveau conduit donc la "Mary Celeste" vers Gibraltar, suivi du "Dei Gratia". Pendant tout le voyage, il ne décèle aucune avarie et il est même surpris de pouvoir manoeuvrer la "Mary Celeste" avec autant de facilité.

Les deux navires font route vers le détroit de Gibraltar, restant en vue l'un de l'autre. Arrivés devant le détroit, un coup de vent les sépare. Le "Dei Gratia" arrive à Gibraltar le soir du 12 décembre et la "Mary Celeste" le lendemain matin.

Malgré tout, faute d’explication suffisante, c’est l’hypothèse du crime qui est retenue. Les autorités décident que l’équipage s’est livré à une beuverie puis a assassiné le capitaine et sa famille avant de s’enfuir dans des canots. Cependant, les armateurs soulignent que le capitaine était très apprécié de ses hommes et que nul autoritarisme exagéré ne régnait sur son vaisseau.
En outre, l’alcool contenu dans les tonneaux n’était pas buvable. Elle aurait provoqué des brûlures d’estomac et risquait même de rendre aveugle.
Enfin, quand des hommes se mutinent, ils ne partent pas en laissant leur cantine et tous leurs effets personnels.

 

Le mystère de la Mary Celeste fait le tour du monde. On finit par renoncer à éclaircir cette énigme et le vaisseau est vendu. De nombreuses solutions ont été proposées, de l’attaque d’un poulpe géant à l’intervention de nos amis extraterrestres. La Mary Celeste s’est échoué une dernière fois en 1885 en emportant avec elle son secret.

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