OVNI - Ile de la Trinité - Almirante Saldanha -

L'Ile de la Trinité ou de Trinidad appartient au Brésil. Située à 20° 30' latitude sud et 29° 20’ longitude ouest au large de la côte brésilienne à près de 1 millier de km de Rio de Janeiro), c'est un rocher désert de l'Atlantique Sud ayant servi de base sous-marine américaine durant la 2nde guerre Mondiale.



L'Almirante Saldanha

Il sert maintenant d'observatoire météo, et une station océanographique (Posto Oceânico da Ilha da Trindade, ou POIT) s'y est développée suite à l'IGY (l'International Geophysical Year, Année Géophysique Internationale). Le capitaine de corvette Carlos Alberto Ferreira Bacelar, responsable de ces installations sur l'île. Par 2 fois, Bacelar a cependant vu un ovni au-dessus de l'île, notamment une fois au théodolite le 6 janvier 1958. Quelques jours avant l'arrivée de Almirante Saldhana l'ovni a été photographié par un des témoins, un sergent de la Marine. L'homme prenait des photos sur l'île avec un appareil (box camera) lorsqu'il repéra l'ovni se déplaçant dans le ciel. Il prit un cliché avant qu'il ne disparaisse. Le négatif fut immédiatement demandé par le commandant Bacelar et le film fut développé le même jour.
L'image aurait montré un objet apparemment identique à celui sur les photographies de Barauna (nié par Bacelar).


Le 14 Janvier, le voilier hydrographe brésilien Almirante Saldanha mouille aux abord de l'île pour effectuer des mesures et relevés dans le cadre de l'IGY.
Parmi les 300 personnes à bord se trouve une équipe civile de plongée sous-marine, invitée pour collecter des espèces rares de poissons non trouvées sur la côte. Parmi eux :



Barauna

*Almiro Baraúna, photographe professionnel doté de son Barasub, une boîte étanche qu'il a mis au point pour la photographie sous-marine.
*Amilar Vieira Filho, chef de l'équipe, avocat. Ami de Baraúna.
*José Teobaldo Viegas, moniteur du Club Aéronautique de Niteroi et capitaine de réserve de l'armée de l'air brésilienne (témoin). Industriel et ami de Baraúna.
*Mauro Andrade, cadre de la Banque de Londres d'Amérique du Sud.
*Aloísio, employé municipal au district fédéral.
Le 15 janvier, vers 12 h, le radar du navire détecte une cible radar non identifiée. Pensant à un défaut du radar, l'homme de quart effectue une vérification de l'appareillage, qui fonctionne normalement.
Le 16 janvier, après avoir réalisé l'ensemble de leurs missions jusqu'en fin de matinée, l'équipe de plongée rentre sur l'Almirante Saldanha. Baraúna ne se sent pas très bien. Il a mal à la tête et a la nausée. Il s'allonge sur le pont.

Se trouve sur le pont :

*Mauro Freitas le capitaine-1er lieutenant Homero Ribeiro, dentiste du navire (témoin), attiré par l'agitation des témoins de l'observation.
L'équipe de géologie venu faire des relevés topographiques de l'île :
*le professeur Fernando F. M. Almeida, géologue.
*deux assistants de Almeida.
*José dos Santos Saldanha da Gama, commandant du navire.
Journalistes (témoins) dont :
*un journaliste du Jornal do Brazil.
*Farias de Azevedo, photographe.
*Bacelar, commandant du poste océanographique de la Marine sur l'île.
*marins (témoins).
*le lieutenant Homero Ribeiro (témoin d'après Baraúna).
*Cdr. Paulo de Castro Moreira da Silva du Navy Hydrographic and Navigation Service.
Le géologue et ses 2 assistants ont quitté le navire et se sont rendus sur l'île.



1) Amilar Vieira Filho 2) Mauro Freitas 3) Jose Viegas 4) témoin 5) Almiro Barauna

Peu après 12 h, d'autres membres de l'équipe s'apprêtent à monter sur un bateau à moteur pour rejoindre l'île. Baraúna se trouve à la poupe du navire, en train de photographier la remontée de ce dernier, quand il entend Heho un disque ! Le capitaine Viegas, sur le pont, ainsi que plusieurs scientifiques et membres de l'équipage, viennent de voir un objet en forme de Saturne arriver de l'Est. Viegas court chercher Baraúna qui est dans l'entrepont, et lui dit de prendre son appareil pour venir photographier un disque volant : Apporte l'appareil, apporte l'appareil. Plus tard Baraúna racontera : J'ai pris le Roleiflex près de moi (malheureusement le Leica avec téléobjectif était loin, dans la cabine). Tous montrent dans le ciel un objet brillant qui s'approche.

Baraúna raconte :

Cela m'a prit près de 30 s pour voir l'object. Sa lueur semblait ou ressemblait aux rayons du Soleil sur un pare-prise. Je l'ai alors remarqué se détachant sur le fond nuageux. J'ai pris les 3 premières photos. A ce moment, envoyant une lumière à haute vitesse le disque a disparu derrière le Pic Desejado. 2 s plus tard, cependant, il est réapparu volant horizontalement et très bas. Il s'est arrêté environ 5 s au-dessus de la ligne d'horizon et a disparu à nouveau. J'étais si excité que j'ai raté les photos suivantes. Celui-ci prend son appareil, saute sur le pont, et parvient à prendre plusieurs clichés. A la hauteur du pic, l'objet fait un virage brutal et repart en direction Est-Nord-Est. 6 photos sont prises. Le photographe Farias de Azevedo plus éloigné (...) n'est pas arrivé à temps pour prendre des photos. Maura Andrade lui, n'a rien vu : Je n'ai pas été témoin de l'observation car j'étais à l'intérieur du navire, pas sur le pont.

Paulo Moreira da Silva, lui, a vu : L'objet vu dans le ciel de Trindade n'était pas un ballon météo ni un missile guidé américain, ni un avion, ni une mouette... L'observation n'a pas duré plus de 14 secondes. Durant celle-ci, tous les appareils électriques du navire étaient hors service, les ampoules électriques ont faibli, et la radio n'avait plus de signal. Egalement à bord mais pas sur le pont, Bacelar, déclarera : Je n'ai pas été témoin de l'événement car j'étais dans ma cabine à ce moment-là. Il dira : J'ai été appelé sur le pont immédiatement après l'événement. Le fait causa une excitation naturelle et la la course des gens vers le pont du navire, attirés par les cris de ceux qui voyaient l'objet. En tout, 48 personnes auraient vu l'objet (Lorenzen parlera de 150) en 2 groupes (proue, poupe). Une grande émotion est constatée chez eux, y compris Baraúna, les civils et les membres de l'équipage, certains tremblant encore, et ayant du mal à se remettre.

Le détail photographique.

Le capitaine demande Barauna s'il a pu photographier l'objet. Barauna dit avoir pris des photos, mais sans savoir s'il a pu enregistrer la présence de l'ovni. On demande si Barauna peut développer le film à bord, le navire disposant d'un labo photo, mais qui n'a pas servi depuis longtemps. Barauna y trouve divers produits chimiques plus vraiment utilisables, mais aussi du méthanol et de la sulfite. Il décide alors de développer les photos, remplaçant l'acide acétique par du vinaigre. Il doit aussi réparer le bac de révélation.

1 h après l'observation, Baraúna développe donc la pellicule de l'appareil devant Bacelar et d'autres officiers. Toujours accompagné de Bacelar, il y entre en short et maillot de corps pour éviter toute possibilité de fraude, accompagné de Viegas, qui tient une lampe électrique sur laquelle est appliquée un cellophane vert. Les chances de brûler les photographies sont grandes : Barauna ne prend pas le temps de réguler le diaphragme de la machine avant de battre et le film est exposé à trop de lumière. A côté d'eux, Bacelar et d'autres militaires, attendant avec anxiété, certains avec une loupe, prêts à examiner les détails. Le développement prend 10 mn.

Les négatifs sont alors montrés aux membres de l'équipage, à commencer par Bacelar. Quand Barauna semble déçu et dit ne rien voir, Bacelar lui montre l'ovni. Les autres témoins reconnaissent aussi l'objet sur les photos comme celui qu'il ont vu en vol. Cependant les photos 4 et 5 ne montrent que la mer et l'île avec l'horizon (Baraúna déclarera avoir été bousculé et que l'objet allait trop vite).

Le navire quitte Trindade. Au souper, le commandant du navire révèle a Barauna que 3 autres observations ont été faites récemment sur l'île, dont une où Bacelar a été témoin direct. En particulier, il lui indique qu'il ne pourra divulguer les photos qu'après avoir déposé auprès de la Marine.

Le navire arrive à Vitória (état de Espirito Santo), où il doit rester 2 jours. Baraúna demande alors l'autorisation de rentrer toute de suite en bus, avec son équipe. Autorisation accordée, à condition de ne rien divulguer de l'affaire avant la fin de l'enquête que va mener la Marine. A l'aube, ils sont déjà de retour à Niterói (Rio de Janeiro). Baraúna qui a conservé les négatifs s'essaie à une manipulation pour amoindrir leur surexposition. Cette opération de "lavage" peut être dangereuse pour les négatifs, et Baraúna commence par la photo où l'objet est le plus éloigné, un peu au-dessus de l'horizon. Le résultat est positif et l'image a gagné en clarté. Il applique alors la technique sur les autres photos, puis sort des aggrandissements.

Le 21 janvier, le navire repart pour l'IGY et rentre à Rio de Janeiro.

2 jours après l'arrivée de l'Almirante Saldanha à Rio, Bacelar arrive chez Baraúna. Il veut voir les aggrandissements faits à partir des négatifs et demande s'il peut les transmettre aux autorités navales. 2 jours plus tard, les négatifs sont retournés avec remerciements.

On demande également à Baraúna de se présenter au Ministère de la Marine, à Rio, dès que possible. Là-bas il est interrogé de 8 h à 16 h, et on lui demande à nouveau à voir les négatifs : à partir de celui de la 3ème photo - le meilleur - ils appliquent une technique permettant de produire une image en 3 dimensions, permettant ainsi de déterminer la distance entre l'objet photographié et le photographe. L'étude est faite en présence de Baraúna et celui-ci est informé du résultat : l'objet aurait été à une distance de 14 km du navire.

Barauna sera rappelé à nouveau au Ministère. Là, les négatifs lui sont confisqués, et Baraúna remarque que, à leur retour, les bords ont été abîmés. En fait la Marine les a envoyés pour analyse au service photogramétrique du journal Cruzeiro do Sul, où ont été faites des études sur la texture et le grain du film. Aucun signe de trucage n'est décelé. La marine entend un total de 48 témoins, dont des marins, aides, sergents, 3 officiers et l'amiral Pablo Moreira Da Silva. Lors d'une réunion où Barauna est présent, un grand nombre de photos sont déposées sur la table, venant d'autres pays, appartenant à la Marine, mélangées à celles prises par Barauna. Les témoins, y compris Moreira Da Silva, sont invités à identifier les photos de l'observation de Trindade parmis toutes. Tous les identifient, sauf un des marins qui désigne une photographie prise par la Marine argentine dans la Baie de Blanca. Barauna peut voir à l'occasion une des photographies prises à Trindade auparavant, par un sergent.

Le 27 Janvier, Bacelar est convoqué au Haut Commandement de la Marine pour faire son rapport sur l'incident.

Le 6 f évrier, le contre-amiral Luiz Felippe Pinto da Luz, sous-directeur du renseignement de la Marine brésilienne, envoie un mémo (qui sera communiqué à l'APRO en octobre 1964) au Vice-Chef du Haut Commandement de la Marine.

Le 13 Février une lettre du Chef du Haut Commandement de la Marine au Directeur Général pour l'Hydrographie et la Navigation sur les Phénomènes observés au-dessus de l'Ile de Trindade (Recommandations à ce sujet).

Après analyses exhaustives des négatifs et positifs, par le laboratoire du service d'aérophotogrammétrie de la Marine, et par le service photogramétrique du journal Cruzeiro do Sul, les photos sont déclarées authentiques et le Président du Brésil les cautionne de son approbation.

Le 14 février Olavo Fontès visite le Ministère de la Marine, où on lui montre les 4 photos de Baraúna ainsi qu'une autre. Il ne réalise pas à ce moment que la 5ème image a été prise à Trindade peu avant l'arrivée de Baraúna par un autre photographe, le sergent télégraphe de la Marine. D'après Fontès l'objet semble être le même que celui photographié par Baraúna.

Blue Book

Le dossier de Blue Book sur cette affaire contient autre chose : une dépèche du bureau de l'UP à Rio de Janeiro, datée du 25 Février, selon laquelle le Ministère brésilien de la Marine confirme la réalité de l'observation d'ovni des photos.

Les photos sont classées comme "supercheries" par Blue Book, ce qui fait réagir Coral Lorenzen et Richard Hall qui écrivent des lettres demandant sur quelle base ce jugement a été fait. Lorenzen reçoit une réponse qu'un officier sénior de l'ONI du 10 Octobre 1960 déclarant que la Marine US n'a fait aucune évaluation d'informations sur les ovnis provenant du Brésil.



Barauna et sa collection d'une quarantaine d'appareils.

En Octobre 1971, un magazine argentin publie le rapport (identique à celui reçu par l'APRO), sous la plume de Jorge O. Pineda, expliquant :

L'observation d'un Objet Volant Non Identifié depuis l'"Admiral Saldanha", navire-école de l'armée brésilienne, le 16 Janvier 1958, constitue un cas unique quand à la documentation officielle qui pourrait porter l'intitulé "Confidentiel" ou "Top Secret". Sa diffusion est le fait d'un ancien officier de la Marine militaire du Brésil, dont le nom ne peut être révélé, pour des raisons évidentes. Quelle que soit la manière dont il a été obtenu, il n'admet pas la violation du secret.

En 1978 le GSW et des spécialistes examinent les photos de Baraúna à l'aide moyens informatiques. Ils concluent que les photographies ne montrent pas d'avion ni de ballon expérimental, et déterminent que l'objet photographié fait plus de 50 pieds de diamètre, à une distance considérable du photographe et, d'après la densitométrie numérique, émet une réflexion métallique.

HYPOTHESE DE POWELL

A l'été 1999, dans un article, Martin J. Powell, en examinant les photos, envisage l'hypothèse d'une photo d'avion. Plus que l'hypothèse d'une méprise (l'île est trop éloignée de la terre la plus proche pour permettre un aller-retour d'un tel avion), c'est plus la possibilité d'un trucage photo que soulève Powell. Selon sa thèse, Baraúna aurait fait des photos truquées, à partir de photos d'avions détournées. La photo n° 1 montrerait une mauvaise photographie d'avion (un Beechcraft modèle D50A Twin Bonanza, modèle 95 Travel Air, Super 18, un Piper PA-23 Apache ou un Cessna Model 310), et la photo n° 2 une version retournée de la première.

On peut se demander pourquoi Baraúna, s'il avait voulu faire croire à une soucoupe, ne se serait pas basé sur une photographie de maquette de soucoupe. Une réponse possible est qu'il ait souhaité s'assurer de fournir un cliché techniquement incontestable.

Cependant, même en excluant les difficultés de ce scénario (les autres témoins occulaires, le besoin pour Baraúna de cadrer dans un climat de panique de fausses photos préparées sur un paysage photographié en direct), cette thèse souffre d'au moins 2 handicaps

Comme l'indique le titre de son article, Powell ne propose que d'expliquer les photos 1 et 2. Les autres ne sont pas prises en charge par son explication, notamment la photo n° 3, qui est loin d'être équivoque, montrant une soucoupe quasi-caricaturale. Difficile de l'imaginer issue d'une photo d'avion. Il aurait donc fallu que Baraúna se base sur une image d'avion pour certains clichés, mais sur une image de soucoupe pour d'autres. Difficile de justifier une telle complexification.

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