OVNI - Cussac (Cantal) - 1967

La rencontre de Cussac est le nom donné à une rencontre rapprochée qu'auraient eu deux jeunes frères et sœurs avec un OVNI et ses occupants en août 1967 à Cussac (département du Cantal). Le récit de leur témoignage fut recueilli par la gendarmerie.



François et Anne-Marie sur le muret lors des faits.

L'événement se déroule le matin du 29 août 1967, au village de Cussac, qui compte alors 282 habitants dans 70 maisons. Les citoyens sont dépourvus des services de télévision et de radio et ne recoivent qu'un seul journal local. La commune est située sur un plateau, à 1045 m d'altitude. Ce matin-là, il fait beau (ciel clair) mais un peu frais (12 à 16 °C) avec une légère brise soufflant de l'ouest. Dans 2 vallées, à 10 km de Cussac, il y a du brouillard matinal. François (13 ans 1/2) et sa sœur Anne-Marie (9 ans), accompagnés de leur chien Médor sont partis depuis 8h00 conduire une dizaine de vaches à environ 800 mètres à l'ouest du village de Cussac, au lieu dit « Les Tuiles », dans un pré situé en bordure de la départementale 57 (reliant Les Ternes à Pont-Farin).


Tout en surveillant le troupeau, ils jouent aux cartes assis derrière un muret de pierres sèches, adossé à la départementale (pour bénéficier au mieux du
soleil matinal). Ainsi, ils peuvent mieux surveiller les bêtes. Cependant, vers 10h30, ils sont contraints de cesser leur partie car les vaches s'apprêtent à franchir un muret qui les séparent d'une pâture dans laquelle se trouve une trentaine de vaches appartenant à un voisin.
François se lève alors pour appeler son chien afin qu'il fasse revenir les bêtes. Ce faisant, il aperçoit de l'autre côté de la route (derrière une haie) à
environ 80 m de lui, 4 petits êtres, qu'il pense d'abord être des enfants. Il escalade alors quelques pierres pour mieux les distinguer. Il les trouve étranges : Ils sont d'un noir « soyeux », sans distinction de vêtements ou de visage.
Leur taille varie entre 1 m et 1,20 m, deux étant plus petits que les autres. Leurs bras sont longs et fins et leurs jambes courtes et fines.



Leur tête
semble avoir des proportions normales mais le crâne et le menton semblent plus accentués et tous semblent porter une « barbe ». François et Anne-Marie distinguent derrière eux, à moitié cachée par la haie, une sphère extrêmement brillante, de 4 à 5 m de diamètre (Anne-Marie sous-estimera cette distance à 2 à 2,50 m comme toutes les distances qu'elle évaluait). Cette sphère est pénible à regarder, tant elle étincelle. Aucune ouverture ou porte n'est visible.François dit : « Oh, il y a des enfants noirs ! » Sans se retourner, sa sœur répond : « Tu les appelles ? ». Mais lui répond : Regarde, regarde. Et il monte sur le muret contigu pour mieux voir « les enfants noirs ». Sa sœur se lève et observe à son tour. Un des « enfants noirs » est baissé et semble s'affairer à terre. Deux autres sont vus de profil. Le 4e, un peu plus grand, tient un objet rectangulaire reflétant le Soleil situé derrière les témoins (que François compare à un miroir) et agite ses mains semblant faire des signes à ses compagnons : les petits êtres semblent prendre conscience d'être observés.

Le 1er s'envole à la verticale et plonge, la tête la première, dans la partie haute de la sphère. Le 2e le suit de la même manière et le 3e, après s'être
relevé, fait de même. Le 4e (le plus grand) s'élève mais, avant de plonger dans l'appareil, redescend pour ramasser quelque chose (son « miroir » estime François). La sphère commence dès lors à s'élever selon une trajectoire hélicoïdale (4 à 6 tours dans le sens horaire vu de dessous, de rayon croissant sur 10/50/100 m, à raison de 1 tour/s environ) et les vaches commencent à beugler.
Le 4e être s'envole de nouveau et rattrape la sphère au moment où elle a déjà atteint 15 m de hauteur environ. Les enfants distinguent sur ce dernier comme
des « pieds palmés » alors qu'il est en l'air. Anne-Marie lui remarquera aussi un « nez pointu ».
La sphère décrit encore quelques cercles, s'élevant toujours, tandis que l'intensité lumineuse qu'elle irradie s'accroît fortement.



Photo de l'époque



Photo de 2004

Puis, le bruit qui
accompagnait le décollage de la sphère disparaît et celle-ci s'éloigne très vite en direction du nord-ouest.En même temps, une odeur de soufre (le soufre n'ayant pas d'odeur, peut-être plutôt SO2 ou ozone) se répand et vient jusqu'aux enfants (le léger vent d'ouest correspond à la configuration objet->enfants).
Les vaches se mettent à beugler et à s'agiter. 25 vaches situées dans un pré voisin, à environ 300 m de là, beuglent aussi et viennent se rassembler près de
celles de François et d'Anne-Marie. Le chien Médor aboie après l'objet et semble vouloir le suivre. Les enfants ne voient pas l'objet disparaître, car ils sont obligés de s'occuper des vaches, très agitées.
L'observation aura duré 30 secondes. Les enfants se dépêchent de ramener les vaches à la ferme, 30 mn (2 h ?) avant l'heure prévue. Dix minutes après
l'observation, un agriculteur les voit sur la route en train de rentrer avec les vaches, manifestement en pleurs et en état de choc.


 
Il constate aussi
l'agitation des vaches.
François (qui a les yeux fragiles) larmoie pendant le quart d'heure qui suivra l'apparition, et le matin au réveil, pendant plusieurs jours de suite. Sa
sœur (qui ne porte pas de lunettes), ne ressentira rien. Elle sera la seule à parler de 3 ou 4 béquilles droites aperçues alors que la sphère se trouvait encore au sol.
Le maire de Cussac, qui est aussi le père des enfants, voit arriver le chien Médor, puis ses enfants choqués (ordre d'arrivée qu'il décrira comme
inhabituel).
Il décide d'appeler les gendarmes de Saint-Flour, à 19 km de là. Le maire les connaît bien, ce sont eux qui s'occupent des accidents de la route, et de bien
d'autres problèmes, comme lui-même le fait pour ses administrés.

Les gendarmes arrivent à 16 h. Ils constatent l'odeur et une trace d'herbe légèrement jaunie, de 4 à 5 mètres, derrière la haie (le contraste s'affaiblit
peu à peu dès le 1er jour). Ils recueillent les témoignages, et informent leur hiérarchie par radio. Cependant on ne retrouvera nulle trace du rapport.Anne Marie n'arrive pas à dormir les deux jours qui suivent. Les enfants resteront choqués près d'une semaine.Joël Mesnard et avec Claude Pavy débutent une enquête pour le GEPA. Elle est publiée dans le numéro de Phénomène Spatiaux de juin 1968. L'association ufologique Lumières Dans La Nuit (LDLN) mène également une enquête avec des membres du Sud de la France.



En 1977, Luc Bourdin, enquêteur de LDLN rencontre François, alors étudiant à la faculté de Clermont, et refait une contre-enquête complète sur le cas.
Il apprend qu'une phrase attribuée à Anne-Marie (Vous venez jouer avec nous ?) est une pure invention journalistique, les témoins s'étant rendu compte
rapidement qu'ils n'avaient pas affaire à d'autres enfants. François confirme en outre n'avoir pas vu de « pieds » sur lesquels aurait reposé la sphère. Seule sa sœur a évoqué ce détail.

Les sceptiques :

Mis à part l'odeur étrange ressentie après l'évènement supposé, ainsi que l'herbe légèrement jaunie, le cas souffre de l'absence de véritable preuve scientifique.
Comme cela est presque toujours le cas dans ces (très rares) affaires présumées de rencontre du 3e type, les témoins ne sont pas nombreux. En outre, le lieu
de l'affaire est très isolé. La prochaine fois les E.T. choisiront de se poser sur les Champs-Elysées...! (NDLR)

Les "pour" :

Depuis ce matin du 29 août 1967 (40 ans en 2007), les deux frères et sœurs n'ont jamais démenti, ni contredit leurs témoignages. Compte tenu de la médiatisation de cette affaire, avec les inconvénients que cela peut provoquer dans une petite commune où tout s'apprend vite, cette simple constatation crédibilise leurs témoignages. Aussi, leur bonne foi n'est plus à remettre en cause (leur frayeur en rentrant au village, ainsi que leur état de choc les jours qui suivirent, furent observés par de nombreux habitants)Dans leur déclaration à la Gendarmerie, Jean-François et Anne-Marie évoquent un bruit de sifflement accompagnant le décollage de la sphère. Or, un garde-champêtre qui n'a pas assisté à la scène, mais qui habitait à proximité déclarera, à posteriori, avoir également entendu ce bruit.

LE GEPAN

En 1978, M.Poher du GEPAN/CNES étudie 10 observations anciennes. Celle de Cussac sera retenue, avec sept autres, comme étant causée a priori par un "véritable ovni". Le rapport de cette contre-enquête d'état, effectuée par 4 personnes, reste confidentiel. Les témoins n'en eurent même pas connaissance... Ce n'est qu'avec la parution du livre de J.J Vélasco "Ovni, la science avance" que seront publiés quelques éléments de ce dossier officiel. Remarquons à cette occasion la logique étrange qui fait que ce document confidentiel puisse être utilisé par un membre du GEPAN/SEPRA pour son propre bénéfice, droits d'auteur compris.



Dans cet ouvrage, nous apprenons que les données spatiales et temporelles fournies par les témoins sont très cohérentes. Le GEPAN en déduira que leur
témoignage serait fiable.
Considérer la cohérence du témoignage d'un frère et d'une soeur comme un élément de fiabilité n'est pas raisonnable. En effet, on peut penser que
l'influence de l'un sur l'autre conduira à un récit type aplanissant les divergences (sans pour cela les annuler) au fil du temps. Et ce n'est pas le temps qui leur aurait manqué en onze années !
F. reconnait en avoir parlé assez souvent avec sa soeur (enquête de MM. Pinvidic, Méheust, Granjon 1983). Nous savons, heureusement, grâce aux premières enquêtes privées, qu'il n'y eut pas grande influence mutuelle puisque la cohérence générale existait déjà en
1967, à quelques détails près. Il n'en reste pas moins que la démarche du GEPAN en 1978, motivée par un refus d'utiliser les enquêtes privées comme base de travail, fut absurde sachant que les témoins étaient parents et qu'ils auraient pu être de surcroît influencés par les enquêteurs privés en 1967 !

Nous retiendrons toutefois dans l'enquête GEPAN quelques points vraiment nouveaux : Durée de l'observation entre 21 et 35 secondes. L'extrême brièveté de la vision contraste avec l'étonnante richesse en détails du récit obtenu par les premiers ufologues.
Distance entre 70 et 80m. La distance initialement estimée à 60m augmente un peu. Un homme de 1.70m vu 80m équivaut à une silhouette de 1.5 cm regardée à
bout de bras (70cm). Là aussi, on est surpris par la présence de certains détails physionomiques ("poil sur le visage","barbe","nez allongé") et par l'absence d'autres (mains, pieds).
Nulle part l'enquête ne précise l'influence de l'ombre de la haie d'arbres, orientée Nord-Sud, sur la distance et sur l'aspect réel des êtres. Si les
entités étaient dans l'ombre des feuillages, il ne faut retenir que la description des contours des entités et ne plus s'étonner de leur couleur noire !

L'appareil pouvant être, quelques mêtres plus loin, dans la zone éclairée du pré.
Présence inédite d'une trace. Signalée par un seul gendarme (alors qu'il y aurait eu trois gendarmes engagés dans l'enquête), ce serait une zone circulaire
de 5m de diamètre environ où l'herbe semblait jaunie. Nous ne saurons pas si la position de cette trace a été vérifiée (coïncidence exacte avec le site allégué d'atterrissage ?), ni même si une origine banale fut recherchée (bac à eau pour bétail, dépôt d'une balle de foin,...) avant de la relier avec l'ovni présumé.
Un test d'odeur pratiqué sur les 2 témoins directs (et 2 indirects) à qui l'on fit renifler du SO2, de l'ozone, du kéroséne, etc... pour tenter (en vain !)
d'identifier l'odeur. Le fait que le kérosène n'ait pas été retenu permettrait à J.J Vélasco d'éliminer "les gaz d'échappement d'une turbine d'hélicoptère" et donc, implicitement, la présence d'un hélicoptère. Nous noterons que le kérosène alimente la turbine et en sort brûlé. Les gaz d'échappements n'ont pas l'odeur du kérosène. Le raisonnement de J.Jacques Vélasco excluant de la thèse d'un hélicoptère est donc erroné et l'odeur de gaz d'échappement d'un Bell47 à pistons qui n'a pas été testée ne peut être exclue. Les raisonnements officiels (ou officieux) du SEPRA sont, parfois, aussi erronés que ceux du GEPAN ou que ceux des groupes amateurs. Nul n'est parfait ! Il serait temps d'en prendre conscience du côté des amateurs, comme du côté officiel pour progresser.

En juillet 1983, Thierry Pinvidic, J.Pierre Granjon et Bertrand Méheust rencontrent l'enfant F (devenu adulte). Ils lui font préciser divers points du témoignage. Leur contre-enquête est justifiée, même 16 ans après, puisqu'ils approfondissent essentiellement certaines facettes de la personnalité ou de l'enfance des témoins principaux pour tenter de voir s'ils se sont influencés. Vous trouverez le récit de leur enquête dans "Anthropologie d'un mythe contemporain" (NDA : un des meilleurs ouvrages consacré aux ovnis, vu son pluralisme). Nous laisserons cette approche psychologique de côté pour examiner plus avant quelques points significatifs de leur approche d'une éventuelle méprise.

Ils pensent, comme F., que le père de F., maire de Cussac, aurait forcément été informé d'une "expérience militaire" française parce qu'"une circulaire faisait obligation à tous les maires de France de signaler toute activité étrange et non identifiée sur le territoire de la commune". Notons que ceci implique que le maire se doit d'informer les autorités mais pas qu' il soit informé par les autorités. De plus comment un maire serait-il informé, par exemple, de l'arrêt pour soulager un besoin pressant de l'équipage d'un hélicoptère de passage (cf catalogue humanoïdes page 22,"Les Mystères de l'Est" n°1, cas de Dolcourt) ?
Ils envisagent alors un "hélicoptère étranger" puisque ceux-ci furent sources de nombreuses méprises depuis 1954. Mais cette hypothèse ne leur plait guère.




Thierry Pindivic

Le récit des témoins, présents sur les lieux depuis 8 heures du matin, ne rend effectivement pas compte de l'arrivée, normalement bruyante, d'un tel appareil.
Ils expliquent ainsi leur conclusion provisoire en 1983 :
"Comme la réalité physique de l'observation était possible, mais pas nécessaire, le modèle faisant de ce cas une expérience personnelle de F., partiellement
cautionnée par A.M sous l'effet d'une influence (NDA : d'origine folklorique) très probable, nous avait semblé plus économique."  En 1985, ils rencontrent A.M, la fillette devenue adulte, M.D le garde champêtre de l'époque puis M.V l'agriculteur et enfin les parents des témoins. Ils constatent que le témoignage de A.M suggère qu'elle a effectivement bien vu et non imaginé la scène décrite par son frère. Ils partagent alors la conclusion du GEPAN et ne s'expliquent finalement plus l'observation sur un modèle socio-psycho-folklorique.


1996 : L’article d’Erick Maillot

En 1996, l’ufologue Erick Maillot, de tendance sceptique, publie un long article à propos de Cussac sur le site du Cercle Zététique. Il y défend l’idée que les deux enfants auraient très bien pu être influencés, à l’époque de leur observation, par le contexte soucoupique de l’été 1967. En particulier, quelques semaines avant l’observation de Cussac, des enfants d’Arc-sous-Cicon, dans le Doubs, avaient raconté avoir aperçu quatre petits êtres revêtus de combinaisons noires moulantes, que la presse baptisa rapidement "des Martiens". Aucune sphère mentionnée alors, mais l’histoire avait rencontré un large écho dans la presse. Pour Erick Maillot, l’observation est donc probablement une méprise, travestie par contamination soucoupique (soit des enfants eux-mêmes, soit de leur entourage au moment où ils rapportèrent leur observation).



A (au moins) 80 mètres de distance, les deux enfants auront confondu un hélicoptère reflêtant le Soleil avec une "sphère" volante. Le Soleil se trouvait
effectivement exactement dans le dos des deux témoins, la surface en "bulle" du cockpit de l’engin aura agi comme un miroir. Il donne plusieurs exemples d’hélicoptères susceptibles d’être la cause de la méprise (l’Alouette, le Bell47G...). Mais pourquoi un arrêt si rapide de l’engin ? Maillot considère plusieurs explications "plausibles" : récupération d’un ballon-sonde par un hélicoptère de la gendarmerie, une envie préssente d’un membre de l’équipage, une prospection archéologique aérienne, un appareil de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT), etc. Précisons que les gendarmes, à l’époque des faits, avaient penché pour un appareil de l’ALAT. L’information provient d’une lettre de Jean-Jacques Vélasco lui-même à Erick Maillot, dans un courrier de 1996.

Décembre 2003 : Le débat Maillot/Delmon

Sur son site consacré aux ovnis, l’ingénieur et informaticien A. Delmon publie une critique de la critique d’Erick Maillot, lequel exige un droit de réponse, qui sera suivi de nouveaux commentaires d’A. Delmon. Le débat n’est pas des plus sereins (comme souvent).La critique de Delmon porte entre autres sur l’improbabilité d’une explication par un hélicoptère. Selon A. Delmon, la distance du plateau de Cussac de l’aérodrome le plus proche est de 160 km. Un hélicoptère Alouette ou Bell de l’époque, transportant 4 personnes, ne pouvait pas avoir l’autonomie nécessaire pour effectuer un aller-retour de 320 km. (Mais il y a pourtant des aérodromes plus proches : Aurillac, à 50 km de Cussac, Clermont-Ferrand et Rodez à moins de 100 km).



Claude Pavy enquêtant pour le GEPA lors de l'Hiver 1967, avec les enfants sur les lieux de l'observation [Phénomènes Spatiaux n° 16, Juin 1968]

Juin 2004 : Poher revient sur l’affaire Cussac

Sur son site personnel, récemment ouvert, le Dr. Claude Poher consacre un long article au cas de Cussac. Il réfute l’hypothèse défendue par Erick Maillot d’un hélicoptère, en ne retenant pour sa démonstration que l’hypothèse de "l’arrêt pipi" (sans doute la plus facile à ridiculiser). Poher considère en outre que les enfants de Cussac étaient bien trop isolés, dans leur petit village perdu, pour avoir été contaminés par l’actualité ufologique du moment(voir ci-dessous), et il fournit enfin des précisions sur les méthodes employées en 1978 par le GEPAN lors de son enquête sur place (et notamment sur l’utilisation d’une grille de classement des observations, qui excluait l’hélicoptère comme solution).
On apprend aussi que François avait déclaré, lors de l’enquête du GEPAN en 1978, avoir entendu et senti "un sifflement plus un souffle, comme un canot à
moteur au démarrage" quand la sphère quittait le sol. A propos de cette phase de décollage, Poher insiste particulièrement sur le mouvement de l’objet, qui se serait élevé du sol en spirale ascendante (cinq ou six tours de plus en plus larges) avant de disaparaître très rapidement, à grande vitesse. Cette partie du témoignage des enfants, contenue dans le rapport GEPAN 1978, n’avait jamais été rendue publique. D’autre part, les deux enfants n’ont pas identifié l’odeur sentie au moment du départ de la sphère avec celle d’échantillons de kérosène, utilisé par les hélicoptères. Enfin, pour François, la sphère fut "aussi lumineuse que le Soleil à midi" au moment de sa disparition. Pour Poher, tous ces éléments permettent d’exclure l’hypothèse hélicoptère. L’article se clôt sur une longue digression à propos de la théorie des "universons", défendue par Poher.



Claude Poher

26 juillet 2004 - Des précisions sur la couverture médiatique de l’affaire d’Arc-sous-Cicon.

En juillet 2004, sur la liste Aleph, l’ufologue Robert Alessandri (site Univers-Ovni) recense quelques quotidiens, ainsi que des radios, ayant traité de l’affaire d’Arc-sous-Cicon, cet été 1967. Il semble bien que cette petite histoire avait bénéficié d’un traitement médiatique important, suffisant peut-être pour atteindre le petit village de Cussac. Alessandri donne le texte complet d’une dépêche de l’époque, qui mentionne notamment : "quatre petits êtres tout noirs, de la taille d’un enfant de trois ans, se sont enfuis au ras du sol à une vitesse incroyable en direction du bois où ils ont disparu". La ressemblance avec le témoignage de Cussac, quelques semaines plus tard, est en effet bien troublante (même nombre de personnages, même apparence, mêmes proportions). Mais qu’en est-il de la "sphère" observée à Cussac, qu’on ne retrouve pas à Arc-sous-Cicon ?
La nuit du 18 juillet 1967, juste avant l’observation d’Arc-sous-Cicon, un bolide lumineux avait traversé le ciel français depuis le nord-ouest jusqu’au
sud-est, vers 1h du matin, et avait été aperçu par de nombreux témoins tout au long de son parcours. La presse de l’époque avait largement médiatisé cette affaire d’ovni, qui se révéla être finalement un étage de fusée rentrant dans l’atmosphère après avoir largué le satellite Cosmos 169. Mais pendant plusieurs semaines, l’incertitude a régné sur l’identité du mystérieux bolide. En outre, Joél Mesnard avait consacré un article à cette observation dans Phénomènes Spatiaux, en listant les observations qui semblaient "aberrantes" (sous-entendant par là que de véritables ovnis avaient peut-être profité de l’occasion pour évoluer discrètement dans les cieux).



Il y a donc eu, fin juillet 1967, à la fois une histoire de petits hommes à combinaisons noires présentés comme étant des Martiens, et une histoire d’ovni
lumineux et nocturne, paradant dans le ciel français. La couverture médiatique incluait notamment des reportages à la télévision (ORTF) mais aussi sur les ondes radio. Le village de Cussac, aussi petit soit-il, aurait-il vraiment pu être épargné par l’effervescence du moment ? Voilà sans doute un point crucial du dossier Cussac. On peut tout à fait considérer qu’à l’époque, les habitants de Cussac n’avaient pas la télévision... mais la radio ? Et le bouche à oreille n’aurait-il pas été suffisant pour amener ces informations sensationnelles jusqu’aux portes du petit village ? Entre l’effervescence dûe à la rentrée atmosphérique et aux petits hommes d’Arc-sous-Cicon, et l’observation de Cussac, il se passe un peu plus de 4 semaines. Pendant ce laps de temps, les habitants de Cussac n’ont sans doute pas vécu en vase clos, sans jamais rencontrer personne d’extérieur au village. Si c’est bien le cas, François et Anne-Marie (13 ans et 9 ans au moment des faits), n’ont-ils pas pu être influencés par ses histoires ?
Pour R. Alessandri, "Poher évacue tout de même un peu vite la similitude notée par Éric [Maillot] entre ce cas et celui d’Arc-sous-Cicon un mois
auparavant."

Surement pas un hélicoptère :

L'appareil ne pouvait pas être posé au sol face au soleil. Sinon le pilote n'aurait jamais pu faire son approche, avec le soleil en plein dans les yeux.

Cela aurait été un risque totalement inutile.
Généralement pilote et co-pilote ont des casques blancs ou très clairs. Ceci est en contradiction flagrante avec la description des "êtres" faite par les
enfants.
Pour certaines missions, notamment de secours aquatique, les portes latérales vitrées sont ôtées pour faciliter la manoeuvre. Voilà qui diminue d'autant la
surface vitrée de l'engin, et le rend nettement moins aveuglant sauf lorsqu'il est en plein de face. Or non seulement il a bien fallu qu'il manoeuvre au décollage, mais plus probablement l'appareil n'était pas posé au sol face au soleil.
Quand bien même, il est très étonnant que l'ouverture/fermeture des portières, lorsque les "êtres" ont réintégré leur engin, n'ait pas été relatée par les
enfants. Cela aurait du pourtant provoquer une brusque variation de luminosité, un éclat, assez remarquables.
L'Alouette II fait 2m75 de haut, sur 2m08 de large, hors tout. Mais l'habitacle vitré est bien moins grand, et ne dépasse pas 2m de haut à vue de nez. Soit
des dimensions très inférieures aux 4m x 2m du récit originel.



La plupart des hélicoptères ont des pales de couleur sombre. Souvent elles sont munies de bandes ou de motifs clairs, qui forment un disque blanc tout à
fait caractéristique lorsque le rotor est en fonctionnement. Or les enfants n'ont rien remarqué de cela. Evidemment cela ne prouve rien, mais cela permettra, si besoin était, de restreindre le champ des recherches.
Après décollage, la sphère du cockpit ne peut pas rester constamment aveuglante, car l'appareil va prendre des orientations différentes par rapport au
soleil.

Et quand bien même, l'hélicoptère aurait-il projeté un reflet "aveuglant", il est certain que les enfants auraient eu alors le réflexe de survie classique
de fermer les yeux ou de détourner la tête. Il n'y a que lorsqu'on fixe volontairement une source lumineuse trop forte, que l'on abime sa vue, que l'on pleure, que l'on a mal.
Autrement dit, soit l'ophtalmie a d'autres causes que l'excès de rayons solaires, soit "quelque chose" a contraint les deux enfants à fixer, sans bouger,
l'engin, en annihilant totalement au passage le réflexe involontaire du corps humain, qui les aurait protégé.

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