OVNI - Kenneth Arnold - 1947 Mont Rainier

Kenneth Albert Arnold (29 mars 1915 - 16 janvier 1984) fut le témoin de ce qui est considérée comme la première grande observation d'OVNI.



32 ans et père de 2 enfants, Kenneth était un jeune P.D.G d'une compagnie de matériels anti-incendie dans l'Idaho. Il était un aventurier et avait
été attiré par une offre de 5000$ de récompense promise à celui qui retrouverait un avion de transport C-46 de la Marine qui s'était récemment écrasé près du Mont Rainier avec 32 hommes à bord en décembre 1946. Arnold était un pilote expérimenté et en ce jour du 24 juin 1947, il devait se rendre à Yakima dans l'Etat de Washington, venant de Chehalis. Yakima se trouvait non loin du Mont Rainier. L'avion de Arnold était spécialement conçu pour survoler des terrains montagneux ; il décida d'y faire un petit détour ...



Le 24 juin 1947, Arnold, qui était pilote privé de Boise, dans l'Idaho et faisant partie du « Search and Rescue Mercy Flyer », rapporta avoir vu neuf objets volants inhabituels près du Mont Rainier dans l'Etat de Washington alors qu'il effectuait un vol de reconnaissance à bord de son appareil - un CallAir A-2 - à la recherche d'un avion militaire manquant. Il décrivit les objets comme «brillants», et leur vol comme «irrégulier» avec une «extraordinaire vitesse ». Son histoire fut largement diffusée par l'Associated Press, et il est habituellement reconnu comme le pionnier pour l'intérêt des OVNI modernes.

"Graph'E.T." de Kenneth Arnold

Une heure après avoir effectué son observation, Arnold atterrit à Yakima, dans l'état de Washington où il décrit ce qu'il a vu à des amis pilotes. Puis il se rend à Pendleton, dans l'Oregon, où il répéta son histoire à un groupe de pilotes apparemment avertis par Yakima. Arnold tente de contacter le bureau local du FBI, sans résultat, passe la nuit dans cette petite ville du nord-est de l'Oregon et le lendemain, après avoir discuté avec un inconnu qui lui dit avoir lui aussi observé des phénomènes étranges quelques temps plus tôt, il décide de se rendre à la rédaction du quotidien local, l'East Oregonian. Il y rencontre Nolan Skiff et Bill Bequette, deux journalistes à qui il décrit à nouveau son observation. Il dit notamment aux reporters que les objets volaient de façon irrégulière, "comme une soucoupe qui ricocherait sur l'eau".



Mont Rainier

Bill Bequette rédige un petit article qui paraît dans l'édition du jour de l'East
Oregonian et adresse une dépêche Associated Press à Portland. Il apprendra plus tard que la dépêche a été diffusée sur le réseau national de l'AP, ce qui provoque l'intérêt général et donnera lieu à l'invention des expressions « soucoupe volante » et "disque volants", bien que cette description se référât au déplacement des objets plutôt qu'à leur forme. Dans la semaine qui suivit, des centaines d'observations similaires inondèrent le monde entier, la plupart d'entre elles décrivant des objets avec une forme de soucoupe. Arnold ressentit toujours avoir été cité inexactement, et maintint que les objets avaient la forme d'un demi cercle à l'avant et étaient triangulaires à l'arrière. L'un d'eux ressemblait à un « boomerang » ou un « croissant ».


"Graph'E.T." de Kenneth Arnold

Ajoutant de l'intrigue à l'histoire d'Arnold, l'US Air Force affirma toujours n'avoir eu aucun avion dans la zone du Mont Rainier au moment de l'observation. Arnold n'a pas affirmé que les objets étaient des astronefs extraterrestres, bien qu'il ait dit : « étant de nature non américaine, si ce n'est pas fabriqué par notre science ou une autre force aérienne, j'incline à croire que cela est d'origine extraterrestre. » Après, il ajouta « je ne pense pas que c'est quelque chose qui peut provoquer une hystérie populaire. » Les spéculations extraterrestres peuvent avoir été motivées par un désir d'apaiser les peurs du public de l'apparente réelle possibilité d'une invasion étrangère. L'observation d'Arnold se déroula moins de deux ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans la première phase de la guerre froide.



C'est avec cet avion que Kenneth survola le mont Rainier.

Arnold affirma également avoir vu les mêmes objets trois autres fois, et au moins huit autres pilotes volant dans le nord-ouest des États-Unis firent des observations similaires. Cependant, l'histoire originale ne fut jamais corroborée, en fait, un pilote de DC-4 quelques 15 kilomètres plus loin ne constata rien d'inhabituel. Néanmoins, Arnold était un pilote expérimenté qui n'avait apparemment rien à gagner en fabriquant cette histoire. En effet, il ne semblait pas apprécier la publicité qui s'ensuivit, remarquant qu' « aucun d'entre nous n'apprécie les moqueries. » En outre, sa description resta justement cohérente, alors que d'autres pas, comme les autres premières histoires de rencontre d'OVNI, comme l'incident de Roswell.

En 1952, Kenneth Arnold publia le livre « The Coming of the Saucers », en compagnie de Raymond Palmer, un rédacteur-en-chef de magazine de science-fiction populaire, qui lui avait écrit dès le lendemain de la publication de son observation par la presse, et qui se tournera plus tard vers la publication de magazines consacrés au paranormal et aux ovnis. Dans cet ouvrage, Arnold décrit son observation du 24 juin 1947 ainsi que les événements qui ont suivi, notamment l'enquête qu'il a effectué quelques temps plus tard à Tacoma sur une autre observation qui se révéla par la suite être un canular (malgré la controverse entretenue par certains auteurs qui ont, à diverses reprises depuis 1947, tenté de relancer cette histoire).

Depuis 1947, de très nombreuses explications ont été proposées pour rendre compte de l'observation de Kenneth Arnold. On a évoqué un mirage, des bolides, des avions expérimentaux, etc. Un journaliste écrivant dans le magazine L'Illustration en 1952 a même soupçonné que Kenneth Arnold lui-même était une invention de la presse américaine. Pour certains sceptiques, elle s'explique par une méprise complexe avec un troupeau de pélicans blancs américains. Ils volent dans le type de formation observée par Arnold et ils ont un plumage blanc qui reflète la lumière. De plus, ils ont une queue très petite, ce qui correspond aussi à l'aspect de boomerang que le témoin a donné à l'un des engins (mais pas aux huit autres, à la forme générale plutôt circulaire).




Enfin,
leur observation n'est pas courante, ce qui rend très probable qu'Arnold n'en ait pas vu auparavant. En fait, la seule chose que le témoin ait mal évalué, c'est leur taille et par là leur vitesse. Mais on sait que l'être humain n'est pas capable d'évaluer la taille réelle d'un objet dont il n'a pas de référence cognitive (il ne sait pas ce qu'il est en train d'observer, comme un ovni), particulièrement sur un fond uni comme le ciel (où il n'y a pas d'autres objets pour faire la comparaison). En ce qui concerne les pélicans d'Arnold, il est probable qu'ils soient passés un moment devant la montagne, mais comme elle était couverte de neige, ils disparaissaient aux yeux de l'observateur ce qui lui a donné l'impression subjective que les objets étaient loin derrière... C'est à cause de cette explication du cas fondateurs du phénomène ovni que les sceptiques sont parfois surnommés, particulièrement dans le monde anglo-saxon, des pélicanistes.

Un autre point important dans le cadre du modèle sociopsychologique du phénomène ovni est que l'expression soucoupe volante résulte d'une méprise par les journalistes et non de l'observation d'Arnold. Il a décrit aux journalistes le mouvement des objets comme similaire à ceux de soucoupes qu'on lancerait sur l'eau (un déplacement par ricochets). En rédigeant hâtivement sont article, le journaliste Bill Bequette a attribué le terme soucoupe à la forme au lieu du mouvement, ce qui donna le terme de soucoupes volantes. Or, dans les semaines qui suivirent, des dizaines de témoins se manifestèrent, pour dire qu'ils avaient vu des soucoupes volantes. Ils décrivirent non pas la forme réellement observée par Arnold (circulaires à l'avant et triangulaires à l'arrière), mais celle véhiculée par la presse. C'est un exemple parfait de l'importance de la suggestion des médias, et de l'influence qu'ils ont lorsqu'ils façonnent les témoignages fortéens en général, ou d'ovni en particulier...

Mais, il faut aussi noter que d'autres témoins ont décrit au cours de cet été 1947 des "soucoupes volantes" sans leur attribuer la forme de soucoupes[4]. Certains récits diffusés par la presse ont donc pu résulter du même genre de rédaction hâtive que l'article initial de Bill Bequette. Seule une enquête précise permettant de faire la part entre la description des témoins et la retranscription donnée par les journaux permettrait de trancher ce point.

CONCLUSION :

On trouve certains défauts dans le récit d'Arnold : ses estimations de la taille des objets et de leur distance par rapport à son avion ne concordent pas. Alors qu'il les décrivit être entre 20 et 25 miles de distance et de 45 à 50 pieds de long, une analyse débouche sur la conclusion que des objets de cette taille ne pouvaient être discernés à l'oeil nu depuis cette distance. Si l'estimation de la taille par Arnold a été exacte, les objets n'étaient éloignés que de 6 ou 7 miles — et volaient à 400 miles/h environ, ce qui les placerait dans l'intervalle d'un appareil conventionnel.

Cette découverte, couplée au fait que l'observation d'Arnold n'est corroborée ni par des radars ni par d'autres témoignages, amène l'USAF à classer l'observation comme mirage.

- Haut de page -

 
 



Créer un site
Créer un site