OVNI - Vague Belge de 1989 à 1991 -

La vague belge d'ovnis est une période de 1989 à 1991, considérée comme la plus importante d'Europe, pendant laquelle a eu lieu un nombre anormalement élevé de témoignages d'observations d'OVNIs. La Société belge d'étude des phénomènes spatiaux (ci-après SOBEPS) affirme avoir collecté plus de 2000 témoignages durant cette période. Le nombre d'observations supposées peut être plus important car il est possible qu'il y ait des témoins qui n'ont pas pris la peine de signaler leur soit-disant observation à la SOBEPS ou aux autorités.

TEMOIGNAGES :

Selon la SOBEPS, la majorité des témoignages décrivent un engin volant de forme globalement triangulaire avec, sur sa surface inférieure 3 grands phares d'environ un mètre de diamètre à proximité des angles et, en son centre, une lumière orange en rotation semblable à un gyrophare. Toujours selon la SOBEPS, d'autres formes ont été aussi décrites, dont des rectangles ou losanges de très grandes dimensions. D'après ces témoignages, les ovnis se seraient déplacés en général la pointe en avant et très lentement (moins de 40km/h). Plusieurs observations décriraient l'objet comme volant à très basse altitude (moins de 20m).


En général, aucun son n'aurait été perceptible, ou alors un léger bourdonnement semblable à celui d'un transformateur électrique, et aucun mouvement d'air n'aurait été perceptible. Très peu de témoignages feraient état d'effets physiques perceptibles sur eux mêmes ou sur l'environnement et les appareils électriques (télévisions, radios, lampes, moteurs,...). Quelques rares témoignages feraient état d'accélérations fulgurantes, d'un déplacement base en avant, ou d'une position verticale base vers le bas en rotation sur lui même, ou encore d'un déplacement à basse altitude et très lente en présence d'un vent très violent sans que cela perturbât en aucune façon le déplacement de l'ovni.



Le triangle observé le 29 novembre 1989 par les gendarmes von Montigny et Nicoll

La SOBEPS affirme que 143 observations ont été enregistrées par cet organisation pour le tout début (29/11/89) de la vague. Ces observations auraient permis de reconstituer le parcours supposé d'un prétendu ovni sur la région d'Eupen grâce aux informations sur l'heure et le lieu des observations. D'autres augmentations brutales du nombre d'observations auraient été constatées.

ANALYSE DE DEUX DES PLUS IMPORTANTES PHOTOS : ICI

Dans cette situation tout à fait exceptionnelle et unique en ufologie, le professeur Auguste Meessen, de la SOBEPS, a pris l'initiative d'entrer en contact avec les autorités civiles et militaires pour pouvoir étudier les données des radars. Aucune corrélation entre les observations et les échos non identifiés n'a été décelée. Cette étude a néanmoins eu le bénéfice d'élucider l'origine de multiples échos non identifiés présents dans les données radars. Cependant, selon le professeur Meessen à l'époque, 2 traces radars non identifiée détectées résisteraient encore à toute explication.



L'objet volant non identifié qui survola les trois témoins à Ramillies.

ENQUETE :

Le rapport de synthèse sur les circonstances des observations de la vague belge pour la période du 30 au 31 mars 1990 mentionne :

« L'Air Force BELGE est incapable d'identifier ni la nature ni l'origine des phénomènes. Cependant, il y a des éléments suffisants pour exclure certaines explications possibles :

a-Ballons. Impossible du fait des vitesses extrêmement variables (confirmées visuellement et par radar).
b- ULM. Mêmes impossibilités que pour les ballons.
c- RPV. Impossible du fait des observations de vols stationnaires.
d- Avion (incluant avion invisible). Impossible, comme pour RPV. Aucun son.
e- Projections Laser ou mirages. Improbable du fait du manque de surface de projection (aucun nuage). Des points lumineux ont été observés depuis plusieurs endroits distants. Les points lumineux ont parcouru des distances supérieures à 15 miles nautiques. Les formes éclairées par les points lumineux ont été observées avec des lunettes spéciales. Les projections Laser et les mirages ne peuvent être observés au radar. »
    — W. De Brouwer ICI

LE PETIT RECHAIN ET SA PHOTO

De toutes les données collectées par la SOBEPS, il faut mentionner en particulier la photo de Petit-Rechain. Le professeur Meessen a publié deux articles faisant état de résultats d'analyse de cette photo. Ces études prétendent que:

a- les trainées lumineuses ne correspondent pas à des mouvements de sources de lumière solidaires.
b- les trainées lumineuses sont le fait de lumière dans le spectre ultra-violet et donc non visible

Les phénomènes en faveur de la thèse, par rapport à la photo, d'un ovni sont les suivants:

A ce qu'on sache, le témoin ne tire aucun bénéfice direct de la photo. Les droits sont partagés par la SOBEPS et le photographe à qui le témoin a donné la diapositive. La photo ne peut être reproduite sur le web ou ailleurs sans leur autorisation. Remarquons cependant que le témoin a attendu longtemps avant de donner cette photo au journaliste en question. D'après les tenants de l'hypothèse extraterrestre, cette durée de rétention de la photo provient peut-être du fait que justement les bénéfices de celui-ci à rendre celle-ci publique sont limités, et de son hésitation à se lancer dans la propagation d'une contrefaçon (raison pour laquelle il reste aussi anonyme).



Photo "normal"



Photo surexposée ICI en trés rapprochée.



Répartition des intensités enregistrées dans la couche sensible au bleu, d'après une gradation définie en " fausses couleurs " en haut à droite. Le contour du triangle est bien apparent.

Du point de vue sceptique, cela peut s'expliquer au contraire par une longue hésitation à rendre publique une photo truquée. L'observation d'un authentique vaisseau spatial aurait du l'encourager à rendre publique la photo rapidement, particulièrement sous couvert d'anonymat. Par contre si le témoin n'a observé aucun ovni, mais qu'il a truqué la photo, le délai d'attente s'explique aisément par l'hésitation à fournir une contrefaçon à la presse.
Le récit du témoin est incohérent par rapport à la photo, mais on peut imaginer a priori qu'un faussaire ne produit pas un témoignage en contradiction avec la photo, seule preuve tangible de la véracité de son récit.
Comme il a été supposé par toutes les personnes ayant tenté de produire un faux semblable, un faussaire utiliserait selon toute vraissemblance de la lumière visible et des sources solidaires en mouvement durant la prise de vue.




Poursuite par 2 F-16 vu par le radar : plus de détails ICI

Aucune explication valable connue n'a encore pu être proposée sur la façon de produire un faux équivalent, ni de démonstration de la faisabilité.
La présence d'UV pourrait être un révélateur du système de propulsion utilisé par un ovni. S'il s'agit d'un ovni, une action électromagnétique sur de l'air ionisé autour de l'engin est le seul mode de propulsion imaginé à ce jour qui peut le plus rationnellement rendre compte des propriétés de vol des ovnis et des effets physiques observés en leur présence. Si un tel système de propulsion est concevable théoriquement, il n'existe pas le moindre indice (connu à ce jour) que l'homme maîtrise cette capacité.



Conférence de presse du colonel de-Brouwer qui présente enfin publiquement la cassette vidéo des enregistrements vidéo du F-16 dont tout le monde parlait.

L'avis d'Auguste Meessen :

Auguste Meessen, dont le travail au sein de la SOBEPS a été mis en cause (voir infra), a tenté de répondre aux critiques formulées notamment par Hallet en expliquant qu'il est possible d'appliquer ce qu'il considère comme étant la méthodologie scientifique pour l'étude du phénomène ovni. Il tente d'y donner une justification épistémologique de l'hypothèse extraterrestre. Malheureusement, son approche méthodologique est très loin de faire consensus dans la communauté scientifique: en effet, il n'est généralement pas considéré comme méthodologiquement valide de poser a priori que des objets existent tant que des preuves robustes (c'est-à-dire directes et indubitables) de leur existence n'ont pas été apportées. Or c'est ce que Auguste Meessen fait dans le cadre du phénomène ovni. Posant que les ovnis sont des vaisseaux spatiaux extraterrestres, Auguste Meessen voit dans l'observation de ces phénomènes la mise en oeuvre de principes physiques sous-jacents qui lui paraissent cohérents et c'est en se basant sur l'étude de ces "effets physiques" qu'il a imaginé un modèle théorique de propulsion des ovnis (PEMP).



De gauche à droite : le colonel jacques Laurent (en civil, de dos) parlant avec le major De Visscher, Lucien Clerebaut, Michel Bougard, Jean-Luc Vertongen et Auguste Meessen écoutant les commentaires d'un radariste.

Dans le cadre de cette approche du phénomène ovni, il a aussi aussi proposé un début d'hypothèse explicative pour les capacités télépathiques des Petits Gris.

LE CONTRE :

Les arguments à l'encontre de l'apparition d'un phénomène de type « vaisseau spatial » sont de deux types.

Le premier consiste à tenter d'expliquer la Vague belge d'ovnis dans le cadre du modèle sociopsychologique du phénomène ovni, phénomènes déjà observés lors d'autres « observations » comparables (section 1).

Le deuxième consiste à montrer que la Société belge d'étude des phénomènes spatiaux (SOBEPS) n'a pas aussi bien travaillé qu'elle le prétend dans ses publications (Section 2).

L'un ne va pas sans l'autre, car on se rend vite compte que la Société belge d'étude des phénomènes spatiaux a joué un rôle non négligeable dans l'information biaisée (par leur croyance préexistante à la vague dans l'hypothèse extraterrestre) que les médias ont eu sur la Vague, et par là sur sa propagation.

Enfin, nous reviendrons brièvement sur l'hypothèse des avions furtifs F-117, considérée aujourd'hui par la majorité des auteurs comme hautement improbable.

Evenement de la soirée du 29 11 1989 : ICI

EXPLICATIONS ?

Philip J. Klass a proposé une règle explicative générale des vagues d'ovnis: « Lorsque la couverture médiatique conduit le public à croire qu'il y a des ovnis dans les environs, il y a de nombreux objets naturels ou artificiels qui, particulièrement lorsqu'ils sont vus la nuit, peuvent prendre des caractéristiques inhabituelles dans l'esprit d'un observateur plein d'espoir. Leurs observations d'ovnis s'ajoutent en retour à l'excitation de masse, ce qui encourage encore plus de témoins à chercher à voir des ovnis. Cette situation se nourrit d'elle-même jusqu'à ce que les médias perdent leur intérêt pour le sujet, et alors le phénomène retombe. » Jean-Michel Abrassart analyse par exemple la Vague belge en suivant ce schéma explicatif.

La thèse sociopsychologique explique le phénomène par des méprises ou des fabulations d'origines diverses, rend compte des incohérences des témoignages. Cette thèse explique par exemple le prétendu parcours d'un prétendu ovni durant la première soirée d'observation de la vague belge (29/11/89)



Campagne d'observation.

Avant la Vague Belge, les témoins d'ovni voyaient principalement des soucoupes volantes. Or, durant la Vague, les témoins ont principalements décrits des objets trianguaires. Il s'agit d'un exemple d'incohérence du phénomène ovni au cours des décennies, qui évolue en fonction des modes: un ouvrage posthume de Renaud Leclet (qui était membre CNEGU) devrait être publié prochainement par le SCEAU, défendant l'hypothèse que la Vague belge se compose principalement de méprises complexes avec des hélicoptères et des avions. Certains auteurs considèrent au contraire que le comportement des ovnis tel qu'il a été décrit par des témoins permet d'exclure la possibilité qu'il s'agissait d'avions ou d'hélicoptères. Cependant, il ne faut pas oublier que le manque de fiabilité dans le témoignage humain génère des altérations dans les descriptions des objets réellements perçus (ce que Bertrand Méheust a surnommé la soucoupisation du stimulus perçu).

La cohérence du « phénomène ovni » des phénomènes décrits par les témoins peut s'expliquer par ce phénomène de « soucoupisation ». Par exemple les faisceaux lumineux tronqués, la rotation des boussoles, la combustion des racines dans le sol, les mouvements anormaux des végétaux à proximité de l'ovni, les oscillations des fils électriques à proximité d'ovni, l'arrêt temporaire des voitures à proximité des ovnis, l'oscillation de l'aiguille du tachymètre des voitures, les modifications diverses de la surface de l'eau sous l'ovni, etc., sont des phénomènes auxquels nous sommes tous familiarisés depuis l'enfance de par nos lectures ou les films que nous voyons.



Un des principaux critiques des travaux de la Société belge d'étude des phénomènes spatiaux est Marc Hallet. Il a publié un ouvrage sceptique sur la Vague Belge: La Vague OVNI Belge ou le triomphe de la désinformation. Dans cet ouvrage, il pointe les nombreuses erreurs, inexactitudes et raisonnement fallacieux de la première publication de la SOBEPS, Vague d'OVNI sur la Belgique. Comme le titre l'indique, Marc Hallet tente de démontrer que la Vague Belge est en grande partie le fruit de la campagne d'informations biaisées réalisée par la Société belge d'étude des phénomènes spatiaux. Il a par la suite publié d'autres articles sur le sujet.

Hallet, qui est un principaux contradicteurs des ufologues montre dans son dernier livre la corrélation apparente dans les descriptions ufologiques et les récits de science fiction. Dans cet ouvrage, Hallet suggère que les causes sont les récits de science fiction et non l'inverse: l'idée que certains témoins de phénomènes fortéens aient une personnalité encline à la fantaisie, comme le suggère Jean-Michel Abrassart, s'applique fort bien au phénomène ovni.

Wim Van Utrecht a pour sa part particulièrement travaillé sur la Photo de Petit-Rechain.

On remarque que sur cette photo il n'y a aucun élément de décors (l'objet est sur un fond totalement noir) permettant d'estimer la taille réelle de l'objet photographié, ni de confirmer le récit du témoin (le lieu et l'heure où il prétend l'avoir prise). Wim Van Utrecht a reproduit la Photo de Petit-Rechain avec des moyens mécaniques. Il y a un consensus pour dire que la photo n'a pas été truquée de manière informatique ou par surrimpression, mais ça ne veut pas dire que l'objet photographié est bel et bien un vaisseau spatial extraterrestre, ni même un objet très grand volant dans le ciel... Certains sceptiques ont aussi souligné des incohérences entre le cliché et le récit du témoin. De plus, l'identité du témoin reste inconnue des scientifiques, ce qui rend une contre-expertise très difficile.

La plaquette de Renaud Leclet avance que certains cas pourraient s'expliquer par des hélicoptères, hypothèse qui a été négligée par les enquêteurs de la SOBEPS.

CRITIQUE :

Les ufologues admettent que l'explication sociopsychologique explique la contagion mais estiment qu'elle n'explique pas la naissance de la vague. Selon eux, le premier soir de la vague, c’est-à-dire le 29/11/89, 143 observations ont été rapportées alors qu'aucune information n'était diffusée dans les médias.

Mais l'on ne sait pas quand exactement ces témoignages ont été donnés à la SOBEPS. La nuit de la "Vague", avant la médiatisation du témoignage des policiers d'Eupen par les médias belges, ou après celui-ci.

Est-ce que effectivement ces 143 témoins ont téléphoné à la SOBEPS ce soir là même, ce qui veut dire qu'ils avaient tous le numéro de téléphone de la SOBEPS sous la main (ce qui semble peu plausible) ? D'ailleurs pourquoi les soi-disant témoins auraient-ils averti cette organisation, somme toute inconnue, plutôt que les autorités (police, gendarmerie ou autre) ?


Vidéo de la vague belge

Ou bien ont-ils contactés la SOBEPS après la médiatisation du témoignage des policiers d'Eupen, en faisant un témoignage rétroactif ?

Malheureusement, aucun rapport de la SOBEPS sur cette affaire n'indique quand ces « témoignages » ont été communiqués au bureau de la SOBEPS, ce qui met doute la crédibilité de ces rapports, puisqu'il s'agit d'une information cruciale. On peut d'ailleurs se demander si cette omission d'Auguste Meessen est un oubli, et donc une grosse erreur méthodologique, ou si elle est volontaire, dans le but d'influencer le lecteur du rapport dans le sens de l'hypothèse défendue par cet auteur, c'est-à-dire l'hypothèse extraterrestre.

Ce problème a été soulevé par Marc Hallet dans son ouvrage La Vague OVNI Belge ou le triomphe de la désinformation, ainsi que plus récemment par Jean-Michel Abrassart. Dans son article intitulé Des ovnis se sont-ils emparés de la Belgique?, Jean-Michel Abrassart discute plus spécifiquement du 29 novembre 1989, date du démarrage de la Vague belge d'ovnis, et particulièrement du fait que soit-disant 143 témoignages auraient eu lieu cette unique nuit, ce qui invaliderait le modèle sociopsychologique du phénomène ovni dans ce cas précis. Il explique que comme ces témoignages ont en réalité été récolté par la Société belge d'étude des phénomènes spatiaux après la médiatisation de celui des policiers d'Eupen (ce qui est bien évidemment le cas jusqu'à preuve du contraire), il est légitime de penser qu'un effet de suggestion a pu jouer à plein, ce qui rend les phénomènes prétendument observés durant cette soirée pleinement compatibles avec l'explication de la vague par une contagion psychosociale, contrairement à ce que prétend la Société belge d'étude des phénomènes spatiaux.

ANALYSE DU MAGAZINE "Sciences et Vie" :

Le F-117A a été proposé à l'époque par Bernard Thouanel dans le magazine Science & Vie pour expliquer la Vague belge d'ovnis. Néanmoins, le gouvernement américain a démenti avoir testé le F-117A à l'époque en Belgique. La thèse reste cependant plausible, particulièrement pour le début de la vague (on pourrait en effet envisager un survol depuis l'Allemagne vers l'Angleterre en préparation de la guerre du golfe), mais non prouvée tant que le gouvernement américain n'affirmera pas qu'il y avait effectivement des F-117A en Belgique à cette époque. Les sceptiques privilégient à l'heure actuelle l'hypothèse d'une contagion psychosociale (basée sur des observations d'hélicoptères et d'avions) à celle du F-117A, jusqu'à une éventuelle preuve du contraire.



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