De 1983 à 1996, un ou plusieurs criminels se sont acharnés sur dix enfants. Certains ont été tués, d'autres n'ont jamais été retrouvés. Un seul a survécu à son calvaire. La procureure de Grenoble vient de rouvrir les dossiers.
EN QUATORZE ANS , dans le département de l'Isère, dix enfants ont disparu ou ont été tués. Un seul laissé pour mort, le crâne fracassé, dans une décharge, a survécu. Cette situation a nourri bien des fantasmes.
Pendant des années, l'avocat Didier Seban, représentant cinq familles de victimes, assure « avoir harcelé les autorités judiciaires » sur des « dossiers anciens où l'urgence commande ». Au mois de mars, le parquet général de Grenoble a autorisé, fait rarissime, le regroupement de dix affaires criminelles dont l'une a été jugée et toutes confiées à la gendarmerie.
Les militaires ont mis en place une cellule spéciale dite Mineurs 38 où douze enquêteurs spécialisés sont déjà affectés.
« C'est une course contre la montre qu'il faut engager »
Sur son bureau, le dossier n'est jamais bien loin. Le lieutenant-colonel Dominique Ragot, patron de la section de recherches, a désormais les coudées franches. « Nous allons reprendre chaque dossier pièce par pièce et jeter un oeil neuf sur ces enquêtes. Il s'agit de voir si un élément n'a pas échappé à l'époque », explique l'officier. « Les techniques d'enquête ont aussi évolué. Notre rôle premier sera d'analyser les investigations entreprises puis de faire l'inventaire dossier par dossier. Mais surtout nous n'avons pas le droit de ne rien tenter », poursuit le gendarme. Aujourd'hui, on n'interroge plus les enfants victimes de la même façon. Les psychologues assistent des enquêteurs mieux formés à l'interprétation de leurs témoignages. La méthode initiée pour ce travail a aussi son importance afin de ne rien négliger.
Sept enquêteurs sont chargés d'éplucher chaque cas sur le terrain et seront en liaison avec cinq analystes criminels. Chacun confrontera ses résultats sous la responsabilité d'un superviseur pour éventuellement établir un lien. « On a un devoir de résultats en matière technique », prévient Dominique Ragot mais « pour rapprocher deux affaires ou plus, il faut des preuves formelles ». Et au sommet de cette chaîne hiérarchique, la procureure générale de Grenoble, Martine Valdès-Boulouque.
« Le temps presse. C'est une course contre la montre qu'il faut engager », insiste l'avocat Didier Seban satisfait de voir que « les moyens ont été mobilisés ».
Il se demande si tous « les rapprochements nécessaire ont bien été entrepris » notamment lors de la mise en cause de Karim Katefi, l'assassin du petit Rachid Bouzian, condamné à perpétuité en décembre 1993 car « cela n'apparaît pas » dit-il dans les dossiers.
Les gendarmes, eux, ont déjà ouvert une adresse Internet pour recueillir des éléments sur ces enquêtes*. Et chaque information sera évaluée et traitée ou répercutée sur un autre service. Un numéro vert devrait être ouvert prochainement.
Liste des enfants concernés :
Léo Balley disparu le 19 juillet 1996 Fabrice Ladoux retrouvé mort le 15 janvier 1989 Rachid Bouzian retrouvé mort le 5 août 1990 Ludovic Janvier disparu le 17 mars 1983 Saïda Berch retrouvée morte le 26 novembre 1996 Nathalie Boyer retrouvée morte le 3 août 1988 Charazed Bendouiou disparue le 8 juillet 1987 Anissa Ouadi retrouvée morte le 9 juillet 1985 Sarah Siad retrouvée morte le 16 avril 1991
* Pour fournir tous renseignements utiles : mineurs38/orange.fr
Pétitions pour Ethan et Timéo
Consacrer une minute de nos vies à la signer permettra d'en sauver d'autres...
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DIAPORAMA DES ENFANTS DISPARUS...
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Christian Beaulieu (ici lors de la reconstitution du meurtre en 2006), le meurtrier du petit Mathias, 4 ans, a été condamné à une peine de prison à perpétuité assortie d'une période de sureté de 22 ans.
Selon certains psychologues, le pédophile est un adulte attiré sexuellement par les enfants : il ne les " aime " pas, il les désire. En ce sens, on devrait l’appeler non pas " pédophile " mais " pédosexuel ". Le pédophile est un séducteur, un escroc de l’affectif. Il est d’une grande douceur avec les enfants, il recherche leur compagnie, tisse des liens afin de pouvoir satisfaire avec eux ses besoins érotiques.
LES AUTEURS
Il n’y a pas de portrait type du pédophile, cependant les actes de pédophilie sont en majorité le fait de personnes appartenant à l’entourage de l’enfant. La très grande majorité des faits constatés et condamnés concerne des actes commis en premier lieu dans l’entourage familial (42% des agressions et 56% des viols sur mineurs) puis dans l’entourage scolaire, éducatif ou de loisir du mineur.
Ces agresseurs sont majoritairement des hommes qui sont issus de toutes les classes sociales. Ils sont à la fois des pédophiles occasionnels, des pédophiles habituels fréquentant des pays où le marché des enfants est facilement accessible, des pédophiles pervers, sadiques, violents.
LES VICTIMES
D’après l’UNICEF, chaque année dans le monde, 2 millions d’enfants de moins de 16 ans sont victimes d’exploitation sexuelle dans un but de profit par les organisations criminelles. Les filles et garçons, mineurs, sont exploités par les réseaux de prostitution dès l’âge de 3 ans. Ces enfants sont généralement issus de familles très pauvres vivant dans les pays du Tiers-Monde.
LA PREVENTION
Donner à l’enfant des moyens pour se protéger
Lui apprendre par la parole et par l’image, le respect dû à son corps et à celui des enfants qui l'entourent par les adultes
Enseigner à l’enfant l’estime de soi, la reconnaissance de sa valeur personnelle de ses droits et de ses devoirs
Evaluer les situations potentiellement dangereuses et amener l’enfant à établir des règles d’auto-protection
Déculpabiliser l’enfant et l’entourage
Recueillir la parole de l’enfant avec empathie sans nier les faits, ni dramatiser
En cas d’abus sexuel, rassurer l’enfant sur sa non-culpabilité
Si vous êtes témoin ou victime de ce genre de faits, ou si, sur Internet, vous avez découvert des sites pédophiles, vous pouvez les signaler en cliquant sur l’adresse e-mail ci-dessous :